7.5/10

De beaux lendemains

Atom Egoyan est un réalisateur canadien, né au Caire de parents d'origine arménienne. Ce parcours n'est pas moins atypique que sa manière de réaliser. Révélé au grand public en 1993 avec Exotica qui reçoit le prix international de la critique à Cannes, il nous propose avec De beaux lendemains un film onirique et envoûtant.

Dans une petite ville du Canada un tragique accident de bus scolaire attise la convoitise d'un avocat. Ce dernier ne recule devant aucune bassesse pour pousser les habitants de cette communauté à intenter un procès afin d'en retirer le maximum d'argent. Seulement cet avocat, Stephens Mitchell, connaît lui aussi des difficultés personnelles. Sa fille est une droguée qui ne cesse de le harceler pour de l'argent. Petit à petit les secrets enfouis, les petites bassesses de la vie de tous les jours vont remonter à la surface de ce village a priori tranquille. tout comme les problèmes personnels de Mitchell qui vont faire se déchirer le masque impassible du "lawyer" aux dents longues.

La construction de ce film, oscillant en permanence entre passé et présent tout en suivant simultanément différents personnages, obéit pourtant à une progression dramatique sans failles. Il s'agit d'une reconstruction sophistiquée du mythe du joueur de flûte d'Hamelin. Vous savez, ce joueur qui était tellement doué qu'il a pu débarrasser une ville complète des rats qui s'y trouvaient. Mais les habitants ne lui furent pas reconnaissants, et pour se venger il enchanta tous les enfants pour les emmener avec lui, à l'autre bout de l'horizon pour fonder un monde meilleur. Ian Holm qui interprète Mitchell nous gratifie d'un joueur de flûte exceptionnel. Sa force de persuasion est impressionnante et transperce littéralement l'écran. Le numéro d'acteur est étonnant. Face à lui, Sarah Polley incarnant la seule enfant ayant survécu au drame n'est pas en reste. Ils tiennent le film à eux deux.

Si vous êtes en pleine indigestion de blockbusters bourrés d'effets spéciaux, d'action et de bruit, ce film pourrait bien être le remède adapté. Une mise en scène réfléchie dans l'ambiance zen du grand nord canadien vous faisant méditer sur la condition humaine. Typiquement le genre de film à consommer avec modération, sous peine de déprime sévère, mais qui est agréablement rafraîchissant.

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2 commentaires

  • Anonyme

    15/06/2008 à 09h44

    Répondre

    Il est assez capital de voir (on n'en croit pas ses yeux, on rejette cette information si brève, des amis ne l'avaient pas vue) que la jeune fille qui réchappe (brisée sur tous les plans) de l'accident avait des relations incestueuses avec son père; son témoignage primordial va au moins régler les comptes de cette relation-là; quels qu'en soient les "incidents collatéraux"; dans tous ces destins brisés par l'accident il y a aussi et surtout celui de cette  relation perverse. On peut revoir ce film dans cette optique; il prend à mon avis son ampleur.


     

  • SOPHY&

    15/06/2008 à 16h49

    Répondre

    C'est le meilleur film d'Atom Egoyan!!!!

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