4/10

Be happy

Avec Be Happy, Mike Leigh tranche sèchement avec sa réputation d'auteur dramatique. Paradoxalement, c'est son ode au bonheur qui nous fait le plus mal, alors que le mot "agaçant" trouve un nouveau synonyme : "Poppy".

Poppy (Sally Hawkins) est institutrice, et elle aime son travail. Plus exactement, elle aime tout et tout le monde. Elle prend ce qui arrive avec philosophie, ne s'apitoie jamais sur son sort, et va de l'avant. Dépossédée de son vélo, elle décide de passer son permis de conduire, prise en charge par un moniteur très spécial...

Ne cherchez pas la petite bête, vous aurez exactement ce que vous révèle ce petit résumé très optimiste. Poppy voit toujours la vie du bon côté, et du coup, il ne lui arrive (pratiquement) jamais rien de méchant. Plutôt culotté, comme scénario, non ? Surtout de la part d'un réalisateur habitué au drame. Le problème, c'est que Poppy est tellement heureuse, tellement hors normes, tellement débordante d'énergie, qu'elle en devient particulièrement irritante, pour ne pas dire pénible. Sally Hawkins, l'interprète, se découvre en si bonne tenue avec son personnage qu'elle livre des caisses de mimiques et de petits rires crispants, constamment bénie par le réalisateur / scénariste Mike Leigh qui, apparemment, souhaite délivrer une interprétation pragmatique de la maxime « Don't worry, be happy. » Le concept est poussé si loin que le film n'a pas vraiment de commencement ni de dénouement, malgré quelques tentatives dramatiques minces et peu approfondies. Certains personnages secondaires sont effleurés, la partie émergée de leur malheur révélée sans jamais être véritablement considérée par Poppy, comme si son bonheur apparent tenait avant tout d'une non-considération des autres. Pénible, encore, surtout que l'on approche les deux heures de métrage !

J'imagine que les avis seront partagés. Peut-être vous laisserez-vous séduire par ce petit bout de femme qui voit la vie en rose, ou bien serez-vous comme moi, complètement irrité par son rire et son caractère très expansif. Mike Leigh a au moins le mérite d'étonner et de se démarquer, en livrant un film basé uniquement sur un optimisme sidérant. Ce qui explique peut-être pourquoi son intérêt se révèle si mince...

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4 commentaires

  • Guillaume

    07/09/2008 à 23h53

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    Oh, Poppy n'est tout de même pas toujours heureuse. Elle prend les choses du bon côté, mais elle est souvent à la limite des pleurs... au moins pendant quelques instants.


    Pour le reste, c'est vrai qu'il ne se passe pas grand chose ; si l'on a le malheur de ne pas apprécier la prestation de Poppy, on doit certainement trouver le temps long.

  • Anonyme

    12/09/2008 à 18h47

    Répondre

    C'est pas vrai le temps long... Tu sais il y a une autre solution soit ce casser ou soit dormir. Quand penses tu ?

  • nazonfly

    12/09/2008 à 19h21

    Répondre

    Entre 8h et 10h pourquoi?

  • Anonyme

    05/10/2008 à 17h16

    Répondre

    Pas top, je me suis endormii pendant le fim . . .à tel point que Ct passionnant.^^

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