3.5/10

Batman Forever

Batman is over

Schizophrénie

La schizophrénie est une maladie mentale qui se caractérise par un fractionnement de la personnalité. Tout comme ce dont souffre Harvey Dent (appelé aussi Double Face), ennemi juré de Batman qui tire à pile ou face le sort de ses victimes. Ce dernier fait alliance avec l'Homme mystère pour tenter de l'abattre et ainsi de régner sur Gotham city... Trois ans après Batman, le défi, Joel Schumacher engage Val Kilmer en service commandé pour continuer de creuser un filon prolifique : les aventures de Batman au cinéma. Seulement voilà, tout comme la pièce de monnaie de Dent dont une face est lacérée, cette version de Batman n'est qu'un pâle reflet psychotique des épisodes Burtoniens (Batman et Batman, le défi).

Kleptomanie

Batman et son univers sont suffisamment riches pour avoir influencé de nombreux artistes de premier plan : des scénaristes comme Moore et Miller, des metteurs en scènes comme Burton, mais aussi des auteurs de manga comme Asamiya. Chacun a apporté sa vision de ce personnage hors du commun des super-héros. Chacun a montré l'étendue de son talent en intégrant à sa sauce les clichés batmaniens. Schumacher ne sera pas le suivant sur cette liste. Pourtant, à première vue, Batman forever comporte tous les ingrédients attendus : une batmobile au top du design, des super méchants costumés, une blonde éthérée (Nicole Kidman prenant les places respectives de Michelle Pfeiffer et Kim Basinger), un majordome compassé et des gadgets sophistiqués. Mais la différence avec les oeuvres citées précédemment est que Schumacher ne fait ici que reprendre tels quels des ingrédients pêchés ici et là pour en faire une sauce à la fois insipide et indigeste. Son Harvey Dent n'est qu'un sous-Joker, Nicole Kidman est transparente, et l'homme mystère (interprété par un Jim Carrey à son pire de la grimacerie) semble s'être échappé de The Mask.

Anorexie

En fait, dès les premières secondes ont se rend compte de l'étendue des dégats. Le générique n'est même pas commencé que l'on voit Batman ajuster son costume et ses armes dans un style très "Ramboesque". Comme dans le film X le plus pourri : on passe sans transition dans ce qui fait "l'intérêt" (ici l'action) et on constate avec effarement que l'on va se taper un film pop-corn de plus, sans scénario ni logique. Le premier dialogue entre Batman et la psychologue/pin-up de service ne fait que confirmer le pire. En moins de deux phrases dans lesquelles elle lui fait un rentre-dedans éhonté, elle lui propose de faire crac-crac et lui ne trouve rien de mieux que de répondre : "Essayez un pompier, ça se déshabille plus vite". Oui je sais ça fait mal de voir un super-héros traité de la sorte, même ses pires ennemis n'ont jamais été aussi cruels...

Hystérie

Le pire est tout de même dans le jeu conjugué de Tommy Lee Jones et de Jim Carrey. Surjouées est un mot faible pour qualifier leurs performances. OK ils sont censés interpréter des fous, mais on ne sent aucune constance dans leurs personnages. Ils font penser à des ballons de baudruche surgonflés (par le bruit et la place qu'ils prennent) pleins de vide. Bref ça cabotine à tout va.

Atonie

Batman quant à lui semble absent. D'une part Bruce Wayne ne semble pas trop croire à son traumatisme (un demi cauchemard de ci de là), et d'autre part Batman n'est pas vraiment le leader charismatique qu'on pourrait attendre. Ses relations avec Robin, qui fait son apparition dans cet épisode, le montrent bien. Finalement, et c'est paradoxal pour un film rempli d'excités, c'est une espèce d'atonie qui se dégage de ce film : il ne s'y passe rien, on n'y apprend rien et rien ne devrait vous pousser à le voir.

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