8/10

Basic

Ils étaient toute une escouade de durs à cuir à partir pour cet exercice dans la jungle panaméenne. Ils ne seront que deux à en revenir vivant, l'un portant l'autre. Devant le refus d'obtempérer du seul homme valide, l'armée fait appel à Tom Hardy ex-spécialiste en interrogatoire reconverti en agent de la DEA. Lui seul peut lui faire cracher le morceau et faire lever le voile sur cette nébuleuse affaire et surtout, sur la disparition du sergent Nathan West, homme de terrain impitoyable et autoritaire, craint par ses propres hommes...

Malgré l'Affaire Thomas Crown, on a tendance à davantage attendre John Mc Tiernan sur le terrain du film musclé façon Die Hard que sur celui du huis clos psychologique. Et c'est agréablement surpris que l'on découvre ce Basic qui malgré son titre ne l'est à aucun moment. Partant d'un scénario certes peu original mais d'une efficacité sans faille, Mc Tiernan, sur la seule force d'une réalisation ciselée, entraîne son spectateur dans les méandres d'une histoire compliquée mêlant coup de bluff et coup de poker jusqu'à un final survolté qui va de retournements en retournements pour s'achever en apothéose. Le film se déroule au fur et à mesure des interrogations, des révélations et des trahisons, et suivant les points de vue de plusieurs personnages, parfois dans la grande tradition du genre sur un même point de l'intrigue, forme une sorte de puzzle inextricable et passionant où tout est possible et rien n'est sûr. Maîtrisant ses environnements à la perfection, Mc Tiernan enchaîne des scènes de jungle étouffantes, où transparaissent certains acquis de Predator, à d'autres, plus subtiles dans le décor épuré d'un désert où l'action fait place à l'ambiance feutrée avec une efficacité toute similaire.

Non content de bénéficier d'une réalisation au scalpel, Basic compte également sur ses interpètes. John Travolta, en premier lieu. Travolta, qui selon qu'il soit bien ou mal dirigé est capable du meilleur comme du pire, retrouve le feu sacré en campant un militaire defroqué un brin alcoolique. Samuel L. Jackson en second lieu, que certains n'hésitent plus maintenant à comparer avec Robert De Niro dans sa faculté de pouvoir tout jouer, se glisse dans la peau du Sergent West avec une aisance comme toujours remarquable. Bien qu'hâtivement rassemblés en tête d'affiche (ils ne bénéficient d'aucune scène commune...), les deux acteurs livrent des performances de grande qualité, allant au delà du simple filon pulpfictionnien et qui fait de Basic une oeuvre respectueuse et soignée.

Le thriller militaire est un genre à part entière outre-atlantique. Pour cette incursion, Mc Tiernan s'en sort haut la main avec un film qui vient un peu regonfler la filmographie d'un cinéaste majeur, malheureusement entachée par le remake de Rollerball. Si Samuel L. Jackson peut tout jouer, Mc Tiernan ajoute une pierre à un édifice qui confirmera bientôt qu'il peut tout filmer...

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Polly et moi

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