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Balles de feu

Il est très rare d'associer le tennis de table, sport hautement moins populaire que le football ou le tennis, aux sensations fortes et aux exploits sportifs. Y consacrer un film ne sera donc pas une lumineuse idée d'un point de vue commercial, à moins d'opter pour un traitement à la Dodgeball (Même pas mal). Balls of Fury sera donc une comédie gentiment décalée, que certains n'hésiteront pas, en découvrant la bande-annonce, à rapprocher de l'univers de Stephen Chow. Et si Balls of Fury avait au moins réussi à égaler le délire humoristique de Shaolin Soccer, nul doute qu'il aurait été une grande comédie.

Ce qui n'est évidemment pas le cas. Pourtant, tout démarre sous les meilleurs auspices, et c'est avec joie que nous découvrons le jeune Randy Daytona, le champion américain de tennis de table, soutenu par une nation toute entière, en route pour remporter les Jeux Olympiques de 88. A la manière d'un catcheur, les adversaires entrent sur le « terrain » en musique, galvanisés par une foule en délire, un décalage constant avec la réalité qui étire le sourire. Puis nous retrouvons notre champion une vingtaine d'années après, showman d'un cabaret moisi, loin des tables mais prêt à la grande aventure. Cette « grande aventure », hé bien, elle ressemble étrangement à un film d'espionnage / action des années 70, Opération Dragon pour ne pas le citer. Le parallèle est savoureux (une large cour de palais remplie de joueurs de tennis de tables en train de s'entraîner, un tournoi réunissant les meilleurs joueurs du monde) mais sous-exploité. Bien vite, c'est tout le concept qui part à la trappe : les matchs, prometteurs (siamois, gamine immature, samouraï, ne sont que quelques exemples des adversaires que Randy devra affronter), sont vite expédiés et ne font ni vraiment dans l'humour haut de gamme, ni vraiment dans le spectacle (quelques « bullet-time » à la rigueur pour la forme), malgré un énorme recours aux effets spéciaux numériques. Le reste se passe en dessous de la ceinture, bien malheureusement, ou cherchera à recoller à son illustre modèle dragonnique (les « esclaves sexuels » seront probablement le seul élément rigolo de l'aspect parodique du film). Dan Fogler, acteur méconnu dans l'hexagone, semble vouloir à tout prix imiter Jack Black dans la surenchère, tandis que Christopher Walken nous livre un second rôle sans grande saveur.

Une comédie mollassonne, prometteuse dans son concept mais trop timorée pour réellement faire des étincelles. La réalisation de Ben Garant, les gags, et le parallèle avec Opération Dragon n'y font rien : Balls of Fury finit par ennuyer.

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2 commentaires

  • Anonyme

    02/07/2008 à 19h04

    Répondre

    EN attendant Shaolin basket ?

  • Kei

    02/07/2008 à 19h13

    Répondre

    Un joli trailer, mais c'est tout. Les blagues y étaient présentes, et le reste est un gros remplissage mou d genou.

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