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Babysitting, fou mais pas assez

Une séance de Babysitting qui se transforme en fête géante avec alcool, sexe et piscine. On y rajoute des courses de karts, des manèges, un chameau et des poursuites avec les flics... Mais pourquoi ça reste nul ?

A lire le synopsis de Babysitting, on croirait voir là une comédie française classique qui tente de lorgner du côté des Américains. Franck est gentil. Tellement gentil qu'il n'ose pas refuser lorsque son patron lui demande de garder son pré-ado insupportable le temps d'une soirée. Tant pis si ça implique d'annuler la fête prévue pour ses trente ans. Mais oh, surprise ! Tous les amis débarquent dans la riche demeure du boss et décident de faire la plus grande fête du monde. Qu'est-ce qu'on rigole.

Du coup, question classique : mais qui réalise cette comédie si désopilante et originale ? Philippe Lacheau de la Bande à Fifi et Nicolas Benamou, cadreur du Morning Live. Et devant la caméra ? Re-Philippe Lacheau, accompagné de Vincent Desagnat, le célèbre comparse de Mickaël Youn, Alice David, jolie fille du génial Bref, mais aussi le Palmashow, un peu de Deschiens, Gérard Jugnot et Clotilde Courau. Du beau monde et du moins beau, mais ça fait du monde.

"Les images que vous visionnez ont été retrouvées sur le lieu du drame"

La quasi-totalité du film est tourné en found-footage. Oui, j'ai appris un mot et j'en profite : c'est la manière de filmer que l'on retrouve dans Blair Witch, Cloverfield ou Projet X. Comme si on visionnait les images d'une caméra trouvée. D'ailleurs, certaines similarités se retrouvent entre Projet X et Babysitting mais d'après les auteurs, ils avaient cette idée avant de voir le film et ont d'ailleurs été les premiers dégoûtés en voyant que quelqu'un d'autre y avait pensé.

Le film consiste donc à regarder Gérard Jugnot dans sa maison dévastée qui visionne la caméra qui détaille tout ce qu'il s'est passé au cours de cette folle nuit. Il va ainsi découvrir pourquoi sa maison est dans cet état et où son fils a bien pu disparaître.


De bons comédiens sont présents sur cette photo, sauras-tu les retrouver?.

 

L'idée est assez originale et n'est pas vraiment utilisée dans la comédie, encore moins française. Le rendu est assez agréable il faut dire. A aucun moment on ne se sent perdu ni nauséeux devant tant de mouvement. Pour une première réalisation, c'est plus qu'honorable et aucun souci de ce côté-là.

Les acteurs ont l'air de vraiment s'amuser et aucune fausse note dans leur jeu. Mention spéciale à Alice David qui arrive à sortir des clichés de la « fille du groupe » en amenant un peu de fraîcheur et d'humour. C'est d'ailleurs plutôt rare finalement de voir une femme faire rire avec un rôle très physique, je veux dire en se prenant des coups et des gamelles... Et c'est assez amusant.

Un petit mot aussi pour saluer le personnage incarné par Philippe Duquesne. En policier chargé de rassurer la famille, il sort les meilleures répliques du film : « Il n'y a pas de raisons de paniquer, on a peut-être simplement affaire à un violeur ou à un trafiquant d'organes. »

Plus on est de fous...

Le problème vient davantage du scénario ultra-prévisible. On est dans une comédie et on n'attend pas forcément de prouesses dans ce domaine, mais lorsque les gags sont très prévisibles c'est dommage. « Voilà son perroquet, il l'a depuis des années (clin d'oeil). Faîtes-y attention (clin d'oeil). » « Ici c'est l'assiette qui lui vient de son père (clin d'oeil), il y tient plus que tout (clin d'oeil) »


Ok, ça c'était bien vu....

 

Mais au final, ce qui ressort du film c'est une énorme déception. Beaucoup diront qu'après tout c'est un film léger, pour passer un bon moment sans se prendre la tête et rigoler en buvant des bières comme devant un bon vieux Very Bad Trip, mais Babysitting n'arrive pas jusqu'à ça. Avec tous les comiques présents et leurs influences qu'on connaît, on s'attendrait au moins à quelque chose de fou et de complètement déjanté. Vous avez les Deschiens, le Morning Live, le Palmashow et la Bande à Fifi, pourtant il n'en ressort qu'une gentillette comédie familiale. Ce serait comme si James Bond rencontrait Indiana Jones et qu'on tournait un drame historique ! Quel intérêt ?

Car en effet, les auteurs ont voulu faire une comédie familiale. Rien de transgressif, rien qui aille trop loin, quelque chose de plus grand public qui ne choquera pas trop. C'est là selon moi le pire problème de Babysitting car quand on voit qui mène la barque on s'attend au moins à un film fou et sans limites. Au final, on se retrouve avec l'histoire vue tant de fois que je suis sûr que c'est un crime dans certains pays depuis l'arrêt du tribunal des clichés : le gosse qui ne veut qu'une chose, que son père vienne le voir jouer au foot.

Que les cinéastes aient voulu faire quelque chose de grand public c'est assez louable de leur part, surtout pour un premier film dont on connaît les difficultés à être financé. Mais ce qu'on retient c'est une certaine paresse dans l'écriture qui nous empêche de rire franchement devant les situations pourtant folles qui nous sont présentées. En espérant prochainement un nouvel essai plus prometteur.  

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A propos de l'auteur

Je regarde plein de films et sur mon temps libre je suis journaliste. J'ai eu peur devant Paranormal Activity et je me suis endormi devant Interstellar. Mes goûts n'engagent que moi.

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