5.5/10

Babysitters (Les)

Un scénario assez osé, qui souffre d'une réalisation peu inspirée et d'un ton qui oscille entre réalisme et thriller. Dommage, il y avait de l'audace là-dessous.

 

Avec un titre comme Les Babysitters, placardé sur une image où une jeune fille sans soutien-gorge ôte son t-shirt, on pouvait s'attendre essentiellement à deux types de film : un porno, ou une comédie pour ados façon Les sous-doués ou American Pie. Bien que ce direct-to-video à retardement (la sortie américaine date de 2007) ne soit finalement ni l'un ni l'autre, il emprunte au premier genre sa capacité à baser une histoire entière sur un cliché, et au second son exploration du monde lycéen.

Lorsque la jeune Shirley (Katherine Waterston) accepte de garder les enfants de M. et Mme Beltran (John Leguizamo et Cynthia Nixon) pour une soirée, elle est loin de se douter qu'elle finira dans les bras du papa. Ce dernier, aussi surpris qu'elle, lui donne de l'argent pour qu'elle garde le silence. L'écart devient une habitude, et l'affaire privée un business organisé... Mais Shirley a-t-elle vraiment le contrôle de la situation ?


Sur un tel sujet, on pouvait aisément craindre un discours moralisateur convenu, où les adolescentes seraient soit des victimes soit d'irrécupérables dépravées, et les quadragénaires de caricaturaux sagouins libidineux. Heureusement, et c'est sans doute la meilleure surprise du film, il n'en est rien. Le scénario, signé d'un inconnu appelé David Ross, a le courage de laisser toute interprétation aux bons soins du spectateur. L'intrigue déroule simplement les agissements d'individus aux réactions complexes, le plus souvent compréhensibles, mais lourds de conséquences. C'est sans doute ce qui a séduit John Leguizamo, également coproducteur des Babysitters, et l'actrice de Sex & the City Cynthia Nixon. Pourtant, on ne peut pas dire que l'interprétation soit le point fort du film : les jeunettes sont assez quelconques, et les adultes n'apportent pas grand chose à la personnalité de leurs personnages. Difficile de déterminer, cependant, si la faute en revient aux comédiens ou à la direction d'acteurs, car la réalisation (signée du même inconnu appelé David Ross) ne s'élève jamais au-dessus du niveau d'un téléfilm standard, avec photographie bien terne et rythme poussif.

D'un scénario assez courageux, ouvrant le débat sur plusieurs thèmes (la perte de l'innocence chez les jeunes filles, le rapport à l'argent, les rapports hommes-femmes, inter ou transgénérationnels...), l'auteur débouche sur une conclusion hâtive, présentée au terme d'un métrage regardable mais vite oublié. Peut-être aurait-il fallu laisser les rênes de la réalisation à une tierce personne ?

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