8/10

Australia

Baz Luhrmann, en compagnie de Nicole Kidman et Hugh Jackman, foule les somptueux paysages de l'Australie, terre d'amour, de défis et d'aventures.

Quand Baz Luhrmann, grand fan devant l'éternel des grands films hollywoodiens souhaite se lancer dans la mêlée et tenter, à son tour, de faire une œuvre qui datera, Australia voit le jour.
Non seulement le réalisateur met en scène sa terre natale, mais en plus il tente d'y amener l'amour et l'aventure à travers une fresque épique où les taureaux ont beau dos. On se souvient, en repensant à Romeo+Juliette ou Moulin Rouge, qu'il est capable de surprendre et d'apporter un regard neuf sur des choses vieilles comme le monde.

Le pari reste cependant risqué, d'autant plus que le pitch initial du scénario, à savoir -une aristocrate un peu coincée (Nicole Kidman dans le rôle de Lady Sarah Ashley) débarquant en Australie - est très défavorable à appeler autre chose qu'une franche rigolade facile et malmenée.
Quand Hugh Jackman se mêle à la fête, en ayant pris soin d'oublier ses griffes (X-men) on demeure un peu éberlué et pas forcément confiant.

Finalement, après quelques minutes où l'on ne peut s'empêcher de voir arriver à grande vitesse la frontière séparant le drôle passager du ridicule éhonté, on souffle, heureux de voir que Baz maîtrise son sujet avec une certaine acuité.
L'aristo stéréotypée et le Drover (Jackman) - meneur de troupeaux de taureaux à travers l'Australie - se frottent et se piquent seulement le temps de laisser glisser un sourire, en évitant avec un soin presque appliqué d'en faire des valises. Le gros rouge qui tache est parfois plus léger qu'il n'y paraît.

Est-ce que Luhrmann a réussi son pari, c'est à dire faire un film qui sera tellement bien accueilli, tout en ayant un retentissement culturel certain, qu'il deviendra un grand classique ? C'est encore bien tôt pour le dire, tout comme je n'aurais jamais parié un kopeck sur Titanic en son temps.

Pour autant, Australia est bel et bien une grande fresque faisant appel à ce que l'on pourrait appeler une mémoire commune. Ne demandez pas pourquoi, mais les images parlent d'elles-mêmes. On se sent bien dans les paysages australiens, à suivre l'épopée du gars à cheval et de la fille plutôt raide.
Les nombreux clins d'œil appuyés au Magicien d'Oz sont autant d'appels à la nostalgie, tellement les images dudit film sont toujours aussi magiques, grâce à des couleurs étonnement somptueuses et pourtant décalées.
On se sent donc plutôt à l'aise dans Australia, en terrain connu, familier, alors même que tout est nouveau et plutôt inconfortable quand la guerre arrive ou que les machinations destinées à tuer font jour. 
L'image du Drover, faisant évidemment écho à celle du cowboy américain y est pour quelque chose, et renforce d'autant plus le côté grande épopée du voyage.

Quoiqu'il en soit, si jamais Australia se révèle n'être pas assez fédérateur pour prendre place aux côté de Titanic, Lawrence d'Arabie ou encore Ben Hur, on ne pourra pas dire que c'est un manque de talent de la part de Luhrmann qui dévoile ici toutes ses cartes en jouant celle du genre à fond.

Peut-être le tout n'est-il pas assez larmoyant, ou plus simplement emphatique, bien que l'amour soit omniprésent, que ce soit à travers l'idyle principale ou la relation mère-fils qui s'instaure entre Sarah et Nullah (Brandon Walters). On ne s'ennuie pas un instant dans ces décors somptueux où la photographie, magique, accepte sans mal la prestations des acteurs, tantôt drôles, tantôt émouvants, mais jamais cabots.

On restera tout de même dubitatif sur le montage très strict du film qui le découpe en deux entités presque distinctes ; à tel point qu'on se demande pourquoi Australia, qui dure près de 2h35, n'est pas sorti en deux épisodes, quitte à ajouter quelques scènes supplémentaires.

Entre chants aborigènes et poésie des noms, difficile de ne pas apprécier un tant soit peu la poésie des images. Si "Faraway Downs" résonne agréablement à vos oreilles, c'est déjà cuit !

A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

12 commentaires

  • tybo

    25/02/2006 à 10h43

    Répondre

    En tant que grand fan de Luhrmann et de sa trilogie du Rideau Rouge, j'attends avec impatience un nouvel opus.

    En espérant que le projet ne tombera pas à l'eau comme son idée d'adapter Alexandre le Grand. A ce propos, il semblerait que le capotage ne soit pas du à Oliver Stone mais à des problèmes techniques, humains etc...
    Quand on voit Alexandre le Grand de Stone, on regrette amèrement que la version de Luhrmann ne soit pas sortie.

  • Anonyme

    25/10/2008 à 00h15

    Répondre

    Des images absolument magnifiques, de l'action, de la romance, le génie de Baz Luhrmann

    un atout majeur Hugh Jackman

    Vivement la sortie!!! quel beau cadeau de noël

  • Bung

    21/12/2008 à 09h32

    Répondre

    Ah bon, Titanic est un classique du cinéma ?


     

  • Wax

    21/12/2008 à 10h55

    Répondre

    C'est évident.

  • Bung

    21/12/2008 à 11h43

    Répondre

    Ah bon, et en quoi c'est un classique du cinéma ?


     Un film qui n'a attiré autant de spectateurs uniquement parce qu'il a su  capitaliser sur l'histoire du bateau eponyme, habillé dans une sorte de love story d'une platitude abyssale (!), avec un réalisateur tres engagé(il plante, et euh, bah il attend et hop).


    Bon enfin, je ne vais pas continuer à pourrir un topic où il dit qu'il ne voit pas le rapport.


     


     

  • Wax

    21/12/2008 à 14h37

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    Bah que t'aimes pas Titanic c'est ton droit. Perso je peux te donner plein d'arguments en sa faveur. Mais bon c'est pas le topic.


    Cela dit je pense raisonnable de penser que Titanic sera très probablement regardé comme un classique, ne serait-ce que parce qu'il a touché autant de spectateurs et qu'il a été a l'époque un véritable phénomène. Et je dis ça en dehors de tout jugement de valeur sur le film.

  • hiddenplace

    21/12/2008 à 16h41

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    Et même si c'est pas le topic, j'ajouterais que les acteurs de Titanic sont très bien, et que mis à part l'hystérie Dicaprio-esque, je pense que l'efficacité du film réside dans leur composition... bon voilà voilà, retour à Australia^^

  • Anonyme

    22/12/2008 à 22h22

    Répondre

    Un film à vos risques et péril. Langoureux, des dialogues pauvres, un scénario décousu, j'ai faille partir ...

  • nazonfly

    22/12/2008 à 23h00

    Répondre

    De toute façon, ya plein de classiques du cinéma qui sont complètement nuls. Genre Titanic.

  • Anonyme

    24/12/2008 à 10h32

    Répondre

    Salut,


    Premier avis sur le site de Krinein que je consulte régulièrement, je tiens à vous signaler un article du courrier international sur australia : vérité historique plus qu'édulcorée voir mensongée.


    Ce qui n'empêche pas un bon film (classique ou pas ).


    Joyeux Noel


     

  • Basile_Lenny

    12/01/2009 à 03h22

    Répondre

    Baz
    Luhrmann s’offre des têtes d’affiche (Nicole Kidman et Hugh Jackman)
    pour filmer sa propre terre, dans un film qu’il souhaite inscrire dans
    la lignée d’Autant en emporte le vent.



    Il
    décrit certes une terre, à grand renfort de plans larges offrant au
    spectateur du rêve en boîte, mais l’accompagne malheureusement d’un
    scénario en toc. L’idée avait pourtant de quoi séduire. En décrivant de
    près une époque, l’avant-guerre (la méchante guerre avec les méchants
    nazis et les presque plus méchants Japonais) et son commencement, il
    montrait une sorte de far west océanique, avec ses cowboys, ses chinois
    cuisiniers (et sûrement blanchisseurs), ses noirs soumis à la
    discrimination raciale, et sa haute société raciste et jasante (enfin
    là, normal, Hugh Jackman qui se rase pour un bal, ça choque quand même
    !).


    Mais
    une jolie vue et de bons acteurs, ça ne suffit plus (même si de
    nombreuses répliques font sourire). Hélas, le scénario, prévisible, et
    s’attardant principalement sur le sort des Générations Volées (les
    métis principalement nés de mères aborigènes et de pères blancs
    lubriques. Maintenant, c’est la Génération SMS, quelle époque), mais
    surtout sur l’histoire d’amour entre Nicole Kidman et Hugh Jackman,
    qui, il faut le reconnaître, donne les larmes aux yeux… mais à force de
    bailler. Parce qu’on s’ennuie ferme dans Australia. Penser se hisser au rang d’Autant en emporte le vent, c’est bien, réduire ledit film (qui dure près de 4 heures), c’est honorable, mais 2h46, c’est toujours trop.



    Le
    film aurait d’ailleurs pu s’arrêter au bout d’une heure et demie, et
    d’ailleurs, tout laisse penser que le générique va apparaître, mais
    non, ça dure, ça dure, comme Manix (non non, pas Joe Mannix). Idem pour
    les vingt dernières minutes, qui rappellent un peu Le retour du roi (mais
    si, on se demande quand ça va se terminer, mais une scène arrive, puis
    une autre, et une autre). Tout ça pour une attaque japonaise qui arrive
    dans la dernière demi-heure, et qui est loin d’égaler celle de Pearl Harbor, dont la construction est d’ailleurs assez similaire (histoire d’amour chiante, puis guerre, sauf que pour Australia, la seconde partie dure moins longtemps que la première).



    Au
    final, un film qui ne laissera pas un grand souvenir, et qui aurait
    gagné à être plus court, à l’instar des discours de Martine Aubry. Australia ? Craignostralia ouais ! Hin hin hin. 


     


    Hmm, désolé ...

  • Anonyme

    27/08/2010 à 03h37

    Répondre

    c'étais 1 tré joli film vu au lycée

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