A DECOUVRIR
6/10

Max Payne - Test

Le concept de Max Payne est simple, faire un jeu "fun" en privilégiant le plaisir de jouer, le spectaculaire, et le scénario.
Le scénar est un peu recherché, mais terriblement linéaire. Tout le jeu est entrecoupé d'explications non-interactives. C'est sympathique au départ, mais à moins d'être vraiment patient, on zappe ces séquences. Ce qui d'ailleurs n'a aucun effet sur le reste du jeu puiqu'il se résume à un Soldier of Fortune où la vue interne est remplacée par une vue à la troisième personne de dos (on voit son perso de face uniquement en mettant le jeu en pause).
Le niveau commence (après quelques secondes ou minutes de chargement -ça dépend de la config), on avance un peu, on voit quelqu'un, on tire jusqu'à ce qu'il tombe à terre. On ramasse le matos qu'il transportait avec lui, on recharge, on avance... et hop on flingue un autre gars. Mouais.. Pas très intéressant ni réjouissant, ni palpitant... Heureusement, pour rehausser l'intérêt il existe des fonctions Bullet Time et ShootDogging qui permettent de mettre le jeu au ralenti, ce qui permet d'esquiver les balles et viser avec précision. C'est comme dans Matrix ! A part que l'on ne peut pas sauter sur les murs (dommage, hein ?!). Amusant quelques instants, mais le jeu est tellement buggué niveau I.A. que c'est complètement inutile d'utiliser ces deux fonctions pour terminer le jeu avec brio.
Hé oui, gros point noir de Max Payne : sa facilité. Tout est trop simple. Il y a trop de munitions disponibles, trop de packs de soins, trop de sauvegardes disponibles, trop de débilité de la part de l'intelligence artificielle. Par exemple, il y a un niveau où Max commence armé seulement d'une batte de base-ball. En principe on doit raser les murs afin de ne pas se faire repérer avant d'être armé de flingues... Mais il suffit d'aller à la rencontre des ennemis puis de se cacher soit à l'angle d'un mur, soit derrière une porte (les balles ne passent pas à travers) et de taper l'angle du mur/porte pour que les "méchants" qui arrivent se fassent dégommés, et sans heurts pour Max. Facile ! Pendant tout le jeu on attire les ennemis à soi puis on les allume lorsqu'ils arrivent bêtement un par un (il faut être équipé d'une arme rapide genre double beretta pour qu'ils ne puissent pas répliquer). Le seul challenge est d'éviter de se faire descendre par les grenades.
Évidemment, les concepteurs du jeu l'ont testé, et j'imagine que c'est face à la faible durée de vie qu'ils ont décidés de mettre en place différents niveaux de difficultés. Comme dans Diablo II, on pourra recommencer le jeu. Et ainsi le finir 4 fois dans différents modes (dont un qui oblige à finir les tableaux en temps limité).Encore la loi du moindre effort. Mieux valait ajouter des nouvelles missions ! Mais je m'emporte tout en sachant que de nombreux mods vont sûrement voir le jour... et que Max Payne est vendu avec un éditeur de niveaux. Donc il y aura une vie après la mort (espérons...).
Autre défaut, c'est ultra-linéaire ! Trop c'est trop. Le chemin de chaque niveau est tout tracé. On ne peut pas s'écarter de la route principale, les portes qui ne doivent pas être utilisées sont fermées ou alors des obstacles insurmontables bloquent le passage. Les seules difficultés de progression sont des mini-énigmes, dans le genre détruire un mur au shotgun (le mur est fissuré afin de vous aider à comprendre), faire exploser une chaudière (qui fume abondamment pour que vous compreniez...). Le plus difficile est de trouver la manière de détruire l'hélicoptère à la fin. Mais une fois qu'on a levé les yeux au ciel, on jubile devant tant d'évidences.
Mais il n'y a pas que du mauvais dans Max Payne. Certes, il se finit en une dizaine d'heures (moins en utilisant le Bullet Time), mais en contrepartie, on a le droit à des graphismes de qualité... Enfin... seulement pour les heureux possesseurs de cartes 3D de qualité (genre Radeon ou GeForce) et encore faut-il apprécier le style urbain.

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A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

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