7.5/10

Arrivederci amore, ciao

Giorgio Pellegrini (Alessio Boni), un ancien communiste devenu terroriste, retourne en Italie après un exil en Amérique Centrale. Grâce à des relations crapuleuses, il obtient une peine de prison réduite et une libération avec une période probatoire. Presque affranchi de ses crimes passés sous silence, il est perdu entre son passé violent et son désir de normalité...

On retrouve cet été avec plaisir Michele Soavi, le réalisateur du bijou Dellamorte Dellamore, avec son dernier film Arrivederci amore, ciao, adapté du roman de Massimo Carlotto. Une oeuvre plus dure, policière et surtout au bon goût de thriller. A son bord, l'interprète principal, le beau gosse italien Alessio Boni (Nos meilleures années), le conduit d'une main de maître. Son charisme froid et puissant inspire autant à la passion qu'à la haine. Incarnant un personnage de criminel lâche et immonde, on se surprend souvent à l'apprécier malgré tous ses aspects malsains. Derrière son visage d'ange se cache en effet une effroyable pourriture prête à commettre tous les meurtres et à faire toutes les manipulations nécessaires pour obtenir sa définitive liberté. Aussi parfait dans ses attitudes de séduction que dans ses gestes excessifs, l'acteur s'apprécie sans fin.

Niveau visuel, les nombreuses idées de Michele Soavi constituent plein de petits bonheurs. Des plans improbables rencontrent des vues souvent esthétiques et originales. Des images un peu crasseuses rappellent les films d'horreur italiens. Scénaristiquement, le long métrage se perd pendant quelques minutes dans une fascination uniquement démonstrative d'un monde corrompu par l'argent, la drogue et le sexe. Mais au delà de cet aspect tapageur, la succession de scènes quotidiennes est très bien ponctuée par des moments d'action pures et d'intenses tensions. Sans entrer dans les détails, le réalisateur en profite pour évoquer les magouilles de la police et de la justice italienne. La dernière scène dans l'appartement, paroxysme insoutenable de cruauté et de beauté morbide, représente un des sommets de la pellicule. L'amour est aussi loin d'être absent de l'essai. Il apparaît par moments comme un espoir de rédemption. Le personnage de Roberta (Alina Nadelea) apporte dans ce rôle une forte tendresse ainsi qu'un caractère simple et stable propice au bonheur. Accompagné entre autre de la musique récurrente de Caterina Caselli et son poignant Arrivederci amore, ciao, Michele Soavi sait aussi magnifier des instants grâce à des mélodies inoubliables.

Au final, le caractère de Giorgio reste trouble, tout comme ses intentions. Le film, malgré quelques temps morts, demeure à la fois beau, affreux, dérangeant et passionnant.

Partager cet article
A voir

Wolf Creek

A propos de l'auteur

1 commentaires

  • Anonyme

    08/08/2006 à 15h20

    Répondre

    L'un des pires méchant du cinéma. Un tres bon film bien noir et nerveux. C'est comme un bon café: On l'apprécie et on en ressort tout excité.

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein cinéma, c'est l'actualité et les critiques de films qui sortent au cinéma, en dvd et en bluray .

Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

Rubriques