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L'Arc

L'Arc est un film qui peut être intéressant pour qui ne connait pas Kim Ki-Duk, mais qui n'en est pas moins à des années-lumière d'être aussi agréable et poétique que Printemps, été, automne, hiver... et printemps ou Locataires.

Printemps, été, automne, hiver... et printemps, Locataires : deux films, deux expériences semblables venant d'un même réalisateur.

Qu'est-ce qu'un film de Kim Ki-Duk?

Au regard des deux œuvres précitées, un film de Kim Ki-Duk serait tout d'abord
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peu de dialogues, ce qui donne aux films une certaine poésie, une certaine délicatesse sublimée par la caméra tout en douceur du réalisateur coréen.

Cette poésie ne peut se développer que dans un monde clos, intemporel (même si les films de Kim Ki-Duk se déroulent aujourd'hui, on se croirait parfois ailleurs). À cet égard, le monde extérieur est souvent source de bruit, de violence et dérange l'univers poétique.

Et pour finir il y a cette symbolique peu évidente (au moins pour un esprit européen) qui renforce la magie de ces films mais qui pose plus de questions qu'elle n'y répond.

L'Arc, un film de Kim Ki-Duk

Pourquoi cette tentative de résumé de l'œuvre du réalisateur? Parce que L'Arc répond point par point à l'univers de Kim Ki-Duk.

Le film se déroule sur un bateau perdu au milieu de l'océan. Un vieil homme vit
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seul avec une fille qu'il a trouvée et son vieil arc, en paix. Le seul contact qu'il ait avec le monde extérieur, ce sont ses passagers qui viennent pêcher sur son bateau et quand il va à terre, ramenant les futurs habits de mariage entre lui et la jeune fille. Et forcément, en tant que vieux marin, il ne prononce que peu de mots et la communication avec la jeune fille ne se fait presque que grâce à la musique de l'arc.

Le monde extérieur amène des pêcheurs qui tentent parfois de séduire la jeune fille. L'arc prend alors tout son sens guerrier. Jusqu'au jour où un beau jeune homme débarque... Le monde paisible du bateau est alors brisé et la violence fait son apparition par touches. Et c'est le début d'un changement dans les habitudes du couple bancal formé par le vieux et la fille.

Pour finir, plusieurs symboles s'entremêlent dans ce film dont le principal est bien sûr cet arc, à la fois arme de guerre et instrument de musique, quasiment un Eros/Tanathos. Et il y a ce couple étrange qui prédit l'avenir d'une étonnante façon, toute en poésie. Enfin il y a ce final déroutant, déstabilisant.

L'Arc, une déception?

Retrouver dans L'Arc les éléments habituels d'un film de Kim Ki-Duk est à la fois
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une réussite (on se sent presque tout de suite en domaine connu) et une déception (rien de nouveau malheureusement sous le soleil). Mais mon avis s'est plus orienté vers la déception tant la poésie largement présente dans les films précédents est quasiment absente (du moins à mes yeux complètement réfractaires à la mer) du film, si ce n'est quelques splendides scènes d'arc devant le soleil couchant.

L'histoire en elle-même, celle de l'arrivée d'un prétendant dans un couple prédestiné, est plutôt banale. Même le traitement original de Kim Ki-Duk (le bateau notamment) ne suffit pas à approfondir un thème déjà traité de multiples fois. Comme dans ses autres films, Kim Ki-Duk mélange allégrement réalité et fantastique. Mais la sauce ne prend pas vraiment et le spectateur peut se sentir en retrait du monde dépeint par le Coréen.

Il n'en reste pas moins que L'Arc est un film qui peut être intéressant pour qui ne connait pas Kim Ki-Duk, mais qui n'en est pas moins à des années-lumière d'être aussi agréable et poétique que Printemps, été, automne, hiver... et printemps ou Locataires.

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Gerry

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A propos de l'auteur

Intéressé par beaucoup trop de sujets, nazonfly est en charge de la partie Musique Krinein depuis quelques années. Ce qui ne l'empêche pas de visiter les territoires des livres, du cinéma, des médias et même de sciences et tech.

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