L'Après May : Norman

Etrange idée que celle de Lucky Mc Kee. Alors que son The Woods se fait attendre, il nous annonce une variation autour de May, son précédent film. Ce n'est pas une suite, mais une sorte de transposition, un May au masculin, qui s'intitulera Norman.

Les deux films ont une trame quasi-similaire. Norman est donc un jeune homme solitaire qui un jour ose enfin aborder la jeune fille qui passe sous sa fenêtre toute les nuits. La suite, il faudra la voir sur les écrans.

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15 commentaires

  • Daggy

    19/02/2005 à 21h46

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    [i]May... quel est donc ce charme qui hante le film ?

    Fragilité singulière, rêverie naïve, timidité maladive habillent le personnage principal. La mise en scène vibre constamment sur ces ficelles, composant un tissu scénaristique qui accroche lattention du spectateur. Tout au long du film, on suppose le grain de folie, inquiétant, qui se dissimule derrière le voile et attendant le moment propice pour revêtir la profonde nature dune souffrance. Une terrible solitude sur les épaules, qui pousse May à partir en quête dun amour fantasmatico-romantique : superbe !

    Et que dire de cette poupée étrange, cadeau empoisonnée dune mère. Une poupée qui ne doit jamais sortir de sa prison de verre et semble avoir une influence morbide sur May. La séquence avec les gosses handicapés révèle l'emprise que peut avoir cette pseudo marionnette qui se joue - ou vampirise - les esprits faibles. C'est le moment charnière et fantastique du film où la comédie sentimentale se fait déchirer par le drame, pour finalement glisser dans lépouvante. Tout comme Lestat, je trouve que le dernier plan enrichi considérablement l'ensemble du film et donne l'envi de replonger dans sa substance étrangement belle.

    May [/i]est délibérément inclassable. De cette force naît la particularité originale dune réalisation, soyeuse et colorée du sang neuf, qui réactive subrepticement le mythe de Frankenstein, cousu avec le fil rare de la poésie. Une uvre qui aurait mérité de défiler sur le devant dune scène où siège le prêt-à-porter abrutissant.

  • Vincent.L

    28/03/2005 à 22h25

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    Ce qui fait la force de May, c'est sans aucun doute son aspect dramatique.
    C'est une histoire poignante où l'horreur ne fait qu'exprimer un mal être solitaire profondément touchant.
    L'interprêtation de l'actrice principale est formidable de justesse, la poupée de May est terrifiante et l'émotion est souvent au rendez-vous.

    Par contre, je suis moins positif que Lestat sur le jeu d'Anna Faris qui pour moi joue toujours le même rôle de femme délurée dans ses films.

    7.5/10

  • Vincent.L

    05/08/2005 à 20h30

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    Intéressant, pourquoi pas... Et puis après y'aura May Vs Norman?

  • Lestat

    05/08/2005 à 22h19

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    Argh...moi qui rêvait d'un May Vs Carrie

  • Vincent.L

    05/08/2005 à 22h46

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    Pas mal effectivement, ça donnerait un bon film à se tirer une balle

  • Anonyme

    06/08/2005 à 09h52

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    j'ai adoré May et j'ai hate de voir the woods (les premières images sont prometteuses) mais pour norman, je suis perplexe.

    Pourquoi pas un norman & May versus Willard & Carrie

  • Vincent.L

    06/08/2005 à 11h28

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    Lol, Willard est pas mal aussi dans le genre déprimant avec le génial Crispin Glover.

  • Anonyme

    06/08/2005 à 12h02

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    J'ai bien aimé le relationnel avec les rats mais le final est décevant

  • Vincent.L

    06/08/2005 à 14h06

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    Il est vrai mais ça reste bon

  • gyzmo

    08/08/2005 à 21h11

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    Lestat a dit :
    Les deux films ont une trame quasi-similaire. Norman est donc un jeune homme solitaire qui un jour ose enfin aborder la jeune fille qui passe sous sa fenêtre toute les nuits. La suite, il faudra la voir sur les écrans.

    May avait une poupée malfique sublime

    Norman aura quoi, lui?
    un camion spielbergien?
    un g.i. joe norrisien?
    un doudou didou?

  • Lestat

    08/08/2005 à 21h17

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    Je verrai plutot Norman joué avec un couteau hitchcockien

  • Anonyme

    09/08/2005 à 06h26

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    Moi avec un animal empaillé ou un presse orange !

  • Vincent.L

    09/08/2005 à 10h37

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    Oui genre le chat de Simetierre avec des yeux lumineux

  • Anonyme

    09/08/2005 à 17h21

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    et des boutons sur la tête, un qui fait ronroner, un qui fait grogner, hurler et miauler.

    et l'homme un peu fou parle à son animal autrement dit à lui même, et sois disant le chat choisit en faisaint une mimique et ses faux yeux phosphoresent reflete dans la nuit

    yeaaaaaaa !!!!!

  • iscarioth

    03/12/2006 à 11h00

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    Petite critique après revisionnage :



    Carrie, cest le film mythique de Brian De Palma, nous faisant suivre la vie dune jeune fille complexée, brimée par une mère tortionnaire et par des camarades de lycée moqueurs et cruels. En 2002, pour la télévision américaine, David Carson réalise un remake avec, dans le rôle-titre, une jeune actrice remarquable nommée Angela Bettis. Cest cette même jeune femme qui est choisie pour incarner May, dans le film du même nom de Lucky McKee. Une histoire qui rappelle à bien des propos celle de Carrie, mais sans jamais faire leffet dune pale copie.

    May est une jeune fille complexée, dont la timidité maladive atteint des sommets. Elle travaille dans une clinique vétérinaire et se décide un jour à plaire à Adam, le mécano du coin. Angela Bettis est tout simplement époustouflante de crédibilité dans son rôle. Chaque geste manqué par excès de nervosité, par manque de confiance en soi sonne étonnamment juste. La jeune femme est dans un premier temps véritablement attendrissante, avant de faire plus leffet de quelquun détrange, de bizarre, puis de complètement fou. Comme Carrie, May, dévorée par la tristesse et la colère dêtre rejetée, déchaîne les enfers. May, victime dun très fort strabisme, est une jeune femme isolée dès lenfance, dont la seule amie na jamais été quune poupée léguée par sa mère. Le temps de quelques séquences, on entrevoit lenfance de May, et les quelques touches de cruauté et de brimade imposées par une mère névrosée. Des traumatismes qui comme des graines plantées germeront plus tard en maladie.

    May, isolée socialement, sest construit un univers, pour le moins macabre, tournant autour de sa poupée, quelle refuse de sortir de sa cage de verre. Dans un premier temps amusant et presque comique (les réactions de May face à son premier flirt prêtent à sourire gentiment), May sombre ensuite dans la dépression, le meurtre et lhorreur gore. Plane alors un voile fantastique, dont on ne sait sil est amené par lesprit névrosé de May ou par une réelle digression vers lésotérisme. La violence déchaînée dans le film, et plus particulièrement lors du final, est dun impact fort, tout simplement parce quelle est empreinte de poésie. Cest par amour et par carence affective que May dégénère, refusant lisolement que la vie et les déceptions lui imposent. On a beaucoup reproché à Lucky McKee davoir affadi May par une réalisation à la limite du minimum syndical. Le réalisateur a en fait pris le parti des choix des plans intelligents, articulés, plutôt que de miser sur loverdose deffets visuels et de mouvement.


    Acclamé dans les divers festivals quil a sillonnés, May est un film surprenant, lune des belles réussites du cinéma indépendant de ces dernières années. On aurait souhaité une diffusion en salle plus large pour ce film qui est, plus quun exercice dambiance, un véritable drame psychologique, un discours sur linsupportable solitude. May, comme bien dautres films avant lui, sancrera peut être comme culte au fil des années et des visionnages en vidéo

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