5/10

Angles d'attaque

Un angle passe...

Difficile de passer de tête d'affiche d'une série très populaire au grand écran, n'est-ce pas Jack Bauer ? Comme beaucoup avant lui, Kiefer Sutherland subissait les foudres de la critique cinéma en incarnant au cinéma son premier "grand" rôle aux côtés d'un vétéran de la pellicule, à savoir Michael Douglas, et d'une autre icône très populaire de la télévision, à savoir Eva Longoria, dans The Sentinel. Aujourd'hui, c'est au tour de Matthew Fox, énième Jack du petit écran évoluant dans le Lost de J.J. Abrams depuis déjà quatre saisons. Tout comme Kiefer, Matthew se retrouve coincé dans un thriller, chapeauté à la fois par un néophyte de la réalisation grand format (Pete Travis) et par une pointure d'hollywood (Dennis Quaid).


"Vous voyez la fille en maillot, sur son balcon ?"
Ce n'est pourtant pas la présence de Matthew Fox qui étonne le plus dans ce film, et il faudra faire preuve du plus grand discernement en analysant bien ce que nous dit l'affiche et le pitch du film. Car Angles d'Attaque est un concept, un de ces films disposant d'une structure particulière et pouvant potentiellement titiller ou irriter votre intellect. Expliqué en deux mots : une même scène sera présentée sous plusieurs angles, à savoir les protagonistes, présentant du même coup et petit à petit de nouveaux éléments vous permettant de reconstituer un puzzle que l'on annonce complexe. Ainsi se déroulent les évènements sous les yeux de Sigourney Weaver, réalisatrice d'une émission couvrant l'intervention du Président des Etats-Unis lors d'une conférence sur le terrorisme, en Espagne. Sous les objectifs absolument médusés des caméras, le chef de l'état reçoit deux balles dans le corps, avant que l'estrade n'explose. Rewind, protagoniste suivant.
Sur le papier, l'idée est intéressante, et même plutôt bien portée. Le suspense tient justement sur ce concept, présenter au spectateur certains évènements sans pour autant leur expliquer (une explosion loin de la conférence), pour ensuite leur montrer sous un autre angle (ce qui a explosé, et pourquoi). Mais encore aurait-il fallu que l'histoire tienne la route, ou soit suffisamment complexe pour supporter un découpage comme celui-ci. Mis bout à bout, non seulement le scénario ne présente rien de fichtrement intéressant, mais en plus cumule sans vergogne les invraisemblances, sans parler des quelques scènes d'action versées dans la destruction massive et le gunfight "un contre cent" (notons qu'encore une fois, les agents des services secrets passent pour des bras cassés). Dommage quand on voit que le suspense est convenablement maintenu dans les premiers instants, et s'essoufle sous le nombre de versions trop proche les unes des autres. Travis n'hésite pas d'ailleurs à provoquer le Rewind juste avant un évènement ou une révélation majeure, construisant du même coup un effet d'attente que certains pourront trouver crispant (surtout quand on s'aperçoit que ledit retournement ne vaut pas grand chose ou avait été pressenti de nombreuses minutes avant). Bonne prestation générale des acteurs cependant.

Un thriller construit comme un puzzle, assez intéressant dans son concept mais très vite essoufllé par les invraisemblances de son scénario. Annoncé comme complexe, celui-ci se révèle plutôt faible et inadapté au traitement choisi, bien que les premières dizaines de minutes parviennent à conserver l'illusion en installant un suspense assez agréable.

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