6/10

Mes amis, mes amours

Marc Levy adapté par sa sœur, c'est l'assurance d'un texte respecté dans toute sa tendresse (mièvrerie ?) badine, rehaussé par la présence de très bons acteurs. Transparent mais distrayant.

A un jour près, le film sort deux ans après le livre. Adapter les romans à succès de Marc Levy est en passe de devenir un exercice obligé, faisant de lui un équivalent français d'un Michael Crichton ou d'un John Grisham. Dans le cas de Mes amis, mes amours, on est titillé par la présence à la réalisation de la propre sœur de l'auteur, Lorraine Lévy ; faut-il pour autant se réjouir du bocal de guimauve que constitue le film de façon évidente ? Pas forcément, mais les acteurs donnent de la consistance à cette guimauve, la transformant de fait en marshmallow. Pas mauvais.

Mathias (Vincent Lindon), pour se rapprocher de son ex-femme, vient s'installer dans le quartier français de Londres où il reprend une librairie. En fait d'ex-femme, il se rapprochera surtout de son vieux pote Antoine (Pascal Elbé) dont il devenu le voisin. Il lui propose même une colocation, avec leurs enfants respectifs. Leur entourage s'étonne de ce choix inhabituel, les deux quadras s'interdisant par leur Test : amis ou amours ?
Test : amis ou amours ?
décision de recommencer leur vie sentimentale. Mais Marc Levy vous rappelle que le cœur a ses raisons dont la raison se contrefout...

Dans la famille des bluettes vues cent fois, celle-ci ne risque pas de se faire remarquer ; tous les codes du genre sont égrenés sans effort, le ton est d'une légèreté presque volatile, et l'on ne se souvient qu'avec peine du nom des personnages en sortant de la salle. Le décor choisi, un quartier londonien où un groupe de Français se sont créés un microcosme, permet surtout d'isoler l'action efficacement, en insufflant une dose de nano-exotisme sous la forme des policemen et de l'architecture britannique. Ne vous attendez pas même à entendre parler anglais, le film ne doit receler en tout et pour tout que trois phrases dans la langue de Shakespeare. Le point fort, on l'a dit et on le répète, ce sont les comédiens et le plaisir manifeste qu'ils ont à jouer ensemble : Vincent Lindon en grand gosse irréfléchi et attendrissant ; Pascal Elbé en angoissé psychorigide ; Virginie Ledoyen en charmant argument romantique, à qui on reprochera tout juste d'abuser du mordillement de la lèvre inférieure ; et surtout Florence Foresti, à la fois très drôle et particulièrement touchante dans son Test 2 : amours ou amis ?
Test 2 : amours ou amis ?
amour muet. Même les enfants parviennent à être supportables, ce qui est loin d'être systématique, comme chacun sait...

Rien de très remarquable par ailleurs dans le déroulement de l'histoire, qui est facile à anticiper dès lors qu'on a cerné la personnalité des protagonistes. On notera tout de même un essoufflement vers la fin, où les rapports entre Lindon et Ledoyen ont du mal à suivre un parcours cohérent et donnent l'impression que certaines scènes apparaissent dans le désordre... Mais en fin de compte, le contrat est plutôt bien rempli (on vous laisse deviner si le film se termine bien ou mal), et le film constitue un vidage de tête inconséquent mais agréable.

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Hancock

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