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Américain (L')

« Fuyez, pauvres fous ! »

Une comédie française, ça faisait longtemps ! Oui, longtemps que je ne m'y étais pas fait prendre, on pourrait dire. Il ne faut jamais dire jamais, et me revoilà à vous parler d'un film qui ne devrait même pas exister. Car nous venons d'atteindre un niveau que peu de cinéastes sont arrivés à imaginer, une insoutenable bêtise qui ferait passer les films d'Adam Sandler à des péplums bourrés d'imagination, de faits historiques, et de psychologie, à un point tel que j'ai passé la moitié de la séance le derrière sur les marches de la salle la tête posée contre le dossier du fauteuil de devant. La stricte vérité. Je me rappelle encore avec émotion le moment où j'ai regardé ma montre, grimaçant d'effroi en constatant que je n'avais pas encore parcouru la moitié du métrage, et que déjà il figurait parmi les pires choses qui me soient arrivées depuis le début de l'année 2004. Pourtant le postulat de départ, assez simple, du Français de souche qui veut obtenir la nationalité américaine, avait de quoi faire sourire. Et la présence de Thierry Lhermitte se constituait plus ou moins (surtout moins quand on regarde Mauvais Esprit) comme un gage de qualité. En plus, avec Timsit aux commandes, en se rappelant de Quasimodo Del Paris, on pouvait presque s'attendre à de bonnes choses. Bénie soit les cartes illimitées, grâce auxquelles je ne regrette QUE le coût de déplacement, et béni soit Krinein de me donner l'opportunité de fusiller ce film comme il le mérite. Immonde, ignoble, nul à en vomir, les mots me manquent diablement pour qualifier cette immondice proprement insupportable gavée d'inintérêt et de stupidité sans nom (finalement, je les trouve, les mots). Des arguments ? Et bien je pourrais vous parler de la résidence Les Merlettes de Sarcelles, proclamée 51ème état des Etats-Unis, vivant au rythme de l'hymne américain et jouant au football américain ; ou encore du commerce de « tests de nationalité américaine », qui permettent à l'aide d'un peu d'urine de déterminer la nationalité de l'utilisateur ; ou bien encore de la séquence de l'aéroport, où le « héros » Francis Farge agressera sexuellement une hôtesse, mettra le feu à une poubelle, et répandra les cendres de son ami défunt, le tout accidentellement, en plus. Ou bien bien encore... Non. Je m'arrêterai là, et je me contenterai de parler à vous, de coeur à coeur. Mes frères, mes soeurs, si une fois dans votre vie vous devez me faire confiance, il est possible que ce soit maintenant : n'y allez pas !

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Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

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