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Alien3

Même s'il a renié ce premier film, David Fincher a réalisé le meilleur épisode de la saga Alien où s'entrecroisent religion, féminité et bestialité violente.

Après Ridley Scott et James Cameron, c'est un nouveau réalisateur, David Fincher, qui apporte sa patte à l'univers d'Alien. A l'époque, il n'a mis en scène que des clips musicaux pour Madonna (Vogue), Michael Jackson ou encore Aerosmith. Sa carrière, débutée avec ce troisième opus d'Alien appelé Alien3 (à prononcer « Alien cube »), s'envolera notamment avec Se7en, Fight club ou L'étrange histoire de Benjamin Button. Par la suite, le réalisateur, ayant été évincé du montage final, reniera ce premier film.

C'est pas geôli, geôli
C'est pas geôli, geôli
L'histoire débute peu de temps après le happy end d'Aliens. D'emblée Fincher surprend le spectateur en tuant la majeure partie des survivants du numéro précédent : un incendie survient dans le vaisseau et les survivants sont envoyés dans une capsule de secours qui s'écrase sur la planète Fiorina 161. Seule Ripley en réchappera une nouvelle fois. La planète en question est une prison où ont été incarcérés certains parmi les pires condamnés de l'univers. Ces derniers ont développé une religion apocalyptique qui leur permet de vivre en société malgré leur violence innée (due à un double chromosome Y). Dans cet univers masculin et dangereux, l'arrivée de Ripley puis celle de l'Alien va changer le mode de vie que les condamnés s'étaient créé.

A quand l'Alien à roue ?

La Belle et la Bête
La Belle et la Bête
Tout comme Aliens prenait le contrepied d'Alien, le huitième passager, Alien3 semble vouloir s'opposer à son prédécesseur. Il y a tout d'abord la mort des compagnons de Ripley, la laissant une nouvelle fois seule survivante de la rencontre avec l'Alien. Comme si Fincher corrigeait l'erreur de Cameron et de ses Aliens beaucoup trop vulnérables devant les armes des Marines. En faisant s'écraser la capsule sur une planète-prison, dépourvue, on le comprendra aisément, de toute arme, Fincher évacue le problème des flingues surpuissants et se détache du côté guerrier amené par Aliens. De la même façon, comme dans le premier opus, on ne retrouve ici qu'un seul Alien mettant en péril une communauté refermée sur elle-même, un Alien qui semble perdre d'ailleurs le peu d'intelligence qu'il avait montré dans Aliens. Cet Alien-là est né dans un animal et se comporte donc comme un animal, notamment dans sa façon de se déplacer. On aborde ici un autre aspect de l'Alien, le Xénomorphe : en infectant / fécondant un hôte, il intègre une partie des caractéristiques de cet hôte. L'hôte est humain, l'Alien développe une marche bipède. L'hôte est une communauté, l'Alien se déplace en troupeau. L'hôte est un animal, l'Alien se déplace sur 4 pattes.

Sexy Sigourney

Elle est née, la divine enfant
Elle est née, la divine enfant
Tout comme l'Alien évolue au fil des films, le personnage de Ripley s'étoffe et développe de nouveaux aspects de sa personnalité. Nous avons vu qu'Aliens tissait de façon assez évidente un parallèle entre la maternité et l'Alien, grâce à Ripley. Dans Alien3, Ripley n'est plus une mère. En perdant ses cheveux, elle devient bizarrement séduisante et assume pleinement sa féminité, allant jusqu'à avoir une relation sexuelle avec un des habitants de la planète. Mais surtout la relation de Ripley avec les Aliens évolue. Indéniablement, elle est de plus en plus proche d'eux, allant même jusqu'à les côtoyer de très près, quasiment les toucher sans être inquiétée. Elle fait désormais partie du monde des Aliens et ne peut que quitter le monde des humains dans une scène finale marquante.

Il y aurait sans doute beaucoup à dire de cet Alien, beaucoup plus que cette critique pourrait aborder. Ainsi nous pourrions parler de l'importance de la religion chez ces hommes violents et instables, de la nécessité pour eux de s'unir contre l'adversité, du sacrifice nécessaire d'un homme pour sauver l'humanité contre le tentateur... Nous pourrions aussi évoquer l'ambiance générale d'Alien3 dans lequel la résignation et l'attente d'un monde meilleur semblent être les sentiments dominants. En tout cas, l'Alien de Fincher est indéniablement le meilleur de la série, un poil devant celui de Ridley Scott.

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A propos de l'auteur

Intéressé par beaucoup trop de sujets, nazonfly est en charge de la partie Musique Krinein depuis quelques années. Ce qui ne l'empêche pas de visiter les territoires des livres, du cinéma, des médias et même de sciences et tech.

8 commentaires

  • riffhifi

    18/12/2009 à 11h33

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    "L'hôte est un ani­mal, l'Alien se dé­place sur 4 pattes"


    Pour l'anecdote, l'alien naît d'un chien dans la version cinéma, et d'une carcasse de vache dans le director's cut ^^


    Dans Aliens et Alien3, une présence marquante que j'aimerais saluer est celle de Lance Henriksen, dans le rôle mythique de l'androïde Bishop. Même si sa prestation dans le film de Fincher est assurée à moitié par une marionnette à son effigie !


    Et sinon, entièrement d'accord pour dire que cet Alien est le meilleur des quatre, à peu de distance du premier.

  • nazonfly

    18/12/2009 à 13h40

    Répondre

    Je me suis aperçu que j'aurais pu dire des millions de choses sur cet Alien. Mais je suis d'accord pour Lance Henriksen!

  • Wax

    18/12/2009 à 15h28

    Répondre

    C'est difficile de mettre une hiérarchie dans la série des Alien tant chaque film a sa particularité (peut être la raison pour laquelle la série est si réussie). Je leur trouve tous énormément d'interêt (oui oui Resurrection inclus) mais le premier reste un bon cran au desssus.

  • Islara

    22/12/2009 à 20h05

    Répondre

    Cet opus opus est mon préféré !  Le sacrifice tragique de l'immortelle Ripley était si émouvant et si inattendu...

  • Hugo Ruher

    16/12/2013 à 11h04

    Répondre

    C'est marrant je viens de me faire tous les Alien... Et je suis étonné par cet enthousiasme parce que celui-là est le pire pour moi!Des bonnes idées mais au final un gros bordel incohérent. Le docteur qui meurt dans le premier tiers et pouf, plus personne ne parle de lui. Une tentative de scène de viol qui se passe aussi sans qu'on y fasse allusion après. Un plan pour piéger l'Alien qui tourne court et ne sert à rien alors qu'il bouffe au moins 45 mn de film!Non, vraiment, ce film aurait dû durer 1h de moins pour une écriture un peu plus maîtrisée, ça aurait donné un meilleur résultat.La fin du personnage de Ripley est quand même bien amenée mais il y a tellement de trucs autour que ça en devient indigeste. Le pire des quatre pour moi.Je sais, là critique date un peu mais c'est jamais mauvais de déterrer les vieux dossiers 

  • nazonfly

    17/12/2013 à 11h40

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    Tsss t'as mauvais goût c'est tout.

  • Hugo Ruher

    17/12/2013 à 14h30

    Répondre

    Dis le type fan de 2 Unlimited 

  • nazonfly

    18/12/2013 à 10h55

    Répondre

    Justement

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