8.5/10

Alien - le huitième passager

Alien. Un titre évocateur, un univers phobique qui ont marqué des générations de spectateurs. Un film qui a su traverser les âges sans encombre. A voir et à revoir.

Dans l'espace, personne ne vous entend crier. Cette phrase, depuis largement reprise à toutes les sauces, débute Alien et donne la tonalité du film de Ridley Scott, c'est-à-dire un savant mélange de science-fiction et d'horreur.

Alien
Ce geek a semble-t-il oublié de se nourrir
En 2122, le Nostromo vogue dans l'espace intersidéral quand Mother, son ordinateur de bord, détecte un signal de détresse et réveille les 7 membres cryogénisés de l'équipage. L'équipage atterit donc sur la planète LV-426 et part à la recherche du vaisseau en péril. Dans des brumes bleutées, l'étrange vaisseau abandonné ressemble à une stèle funéraire. En l'explorant, Kane découvre une multitude de formes organiques inertes, ressemblant étrangement à des oeufs. L'horreur est sur le point de naître.

Sur un scénario a priori simpliste et avec un budget relativement modéré (11 millions de dollars), Alien a rapporté près de 105 millions de dollars et a surtout marqué une génération de spectateurs. Les raisons de ce succès commercial, publique et même critique s'expliquent par plusieurs facteurs.

Cache-cache

Au bal, au bal masqué, ohé ohé
Au bal, au bal masqué, ohé ohé
Tout d'abord, l'alien en lui-même reste pour la plupart du temps caché, créant une atmosphère effrayante. Car l'horreur que l'on ne voit pas et donc que l'on ne peut qu'imaginer est largement plus impressionnante que celle qu'on exhibe, un procédé qu'utilisera, par exemple, avec réussite Blair witch project des années plus tard. Dans Alien, la mort peut surgir à tout moment et dans tous les endroits. Ensuite le talent de l'artiste suisse H.R. Giger donne une patine reconnaissable à l'alien et donc au film. Ainsi tandis que le Nostromo est blanc, sain et clinique, le vaisseau alien suinte un côté organique poisseux et brumeux, mais aussi un côté mécanique, robotique et rouillé : ce que Giger appelera très justement la biomécanique est l'un des atouts majeurs de l'univers d'Alien. Cette atmosphère fait d'ailleurs ressortir les terreurs enfouies chez tout être humain : le monde d'Alien est visqueux et gluant, obscur et humide. Ridley Scott joue ainsi sur la claustrophobie, mais aussi sur la peur de l'inconnu qu'on ne peut voir, la peur des insectes, des serpents... bref de tout ce qui peuple nos cauchemars.

Un, deux, trois, soleil

Yoda a quand vachement grandit
Yoda a quand même vachement grandi
Mais la plus grande réussite de ce premier opus, que l'on peut, du reste, étendre à la saga tout entière, réside dans le personnage de Ripley. Le personnage principal n'est pas un héros musculeux, bardé d'armes en tous genres, mais au contraire une femme, même pas une guerrière, le genre de femme quasi-anonyme que l'on peut rencontrer au supermarché du coin, mais une femme qui survit à toutes les situations, symbole de l'humanité résistant envers et contre tout. Pour camper cette survivante, le choix s'est porté sur une débutante, Sigourney Weaver, qui finalement porte le film sur ses épaules et traverse comme une évidence la saga. Il est impossible d'évoquer Alien sans se rappeler cette scène finale où Ripley, simplement vêtue d'un T-shirt et d'une culotte blanche, doit affronter l'alien. Rares sont les acteurs qui auront, par un seul rôle, autant marqué l'imaginaire cinématographique.

Le loup

En plus du personnage de Ripley, Ridley Scott et les deux scénaristes d'Alien, Dan O'Bannon et Ronald Shusett, ont réussi à créer un être d'exception, un monstre mémorable qu'est l'alien : ils posent ainsi les bases de la future saga. Véritable machine à tuer, l'alien semble indestructible : son sang est à la fois un fluide vital et une arme fantastique, corrodant n'importe quoi. La créature prend plusieurs formes : l'oeuf qui s'ouvre au passage d'un être vivant, puis le face huger qui comme son nom l'indique s'attache à la tête de ses victimes afin de pondre dans le corps et le chest buster qui déchire la poitrine de son hôte au moment de sa naissance. Autant de scènes traumatisantes qu'on ne peut oublier si facilement et qui sont la substance de la saga Alien.

Sur tous les plans, ce premier opus d'Alien est un grand film de science-fiction et d'horreur et surtout il pose les jalons d'un univers particulier qui sera visité dans 3 autres films (sans compter les crossovers Alien versus Predator), un univers moite et inquiétant dans lequel la folie des hommes est à chaque fois proche de causer leur destruction. Un film évidemment essentiel.

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A propos de l'auteur

Intéressé par beaucoup trop de sujets, nazonfly est en charge de la partie Musique Krinein depuis quelques années. Ce qui ne l'empêche pas de visiter les territoires des livres, du cinéma, des médias et même de sciences et tech.

11 commentaires

  • fred

    06/08/2003 à 00h00

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    Alien! personne ne vous entend crier dans l'espace!!!
    j'aime bien l'idée que l'homme pense pouvoir maitriser l'arme absolue et que finalement bein non, mais pas du tout!! et qu'est ce qu'il subit l'Homme face à ce monstre!!
    mon ordre de préférence est d'abord le 1 car c le premier, il est très bien et novateur pour l'époque, son atmosphère pesante et le sentiment que la bêbête est "imbutable"! ensuite le 3 pour son ambiance carcérale apocalyptique et le huis clos! puis le 2, pour son côté fun et vas y que je bute de l'alien à tour de bras!!! le 4 est aussi un très bon film (la poursuite dans l'eau est géniale!) mais avec la mort de la belle Sigourney Weaver dans le 3 ca fait bizarre de la revoir!
    Pour conclure, il faut rendre hommage à la grande (dans tous les sens du terme) Sigourney qui a su imposer un personnage à la fois fragile, dur et terriblement attachant finalement!
    une saga qui a sa place dans n'importe quelle vidéothèque!

  • Reivilo

    27/02/2004 à 00h01

    Répondre

    ces films sont 4 chefs d'oeuvre !!!!! si le 1er parait un peu désuet coté effet spéciaux aujourd'hui (j'ai pas vu la version remasterisée) il reste très bon.
    Le 2 est bien bourrin, du bon, du grand dezinguage d'alien (et de militaires), un grand moment
    Le 3 est le plus glauque, le plus sombre, mais que c'est bon !!!
    Le 4 est un chef d'oeuvre regorgeant de trouvailles (les clones ratés, la reine enceinte et son enfant, la mort de l'enfant) et de scènes a couper le souffle (les aliens qui nagent, la scene de la montée de l'échelle,...), c'est jouissif
    La plus grande tetralogie du monde (loin evant la tetra (Ka)raté Kid !!!)

  • ukko

    20/01/2006 à 09h42

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    Alien=chef d'oeuvre
    Aliens=
    Alien 3=
    Alien 4=

  • sushi mutilator

    29/07/2006 à 10h58

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    Je suis d'accord pour dire que Alien , le huitième passager est un chef d'oeuvre mais , aprés la profusion d'aliens dans Aliens , je trouve Alien 3 un peu faiblard avec son seul et unique alien massacrant allégrement les taulards mais bon ...le 4 est génial , surtout avec la scene ou le général se fait arracher la cervelle

  • Tony Clifton

    29/07/2006 à 14h32

    Répondre

    Reivilo a dit :
    ces films sont 4 chefs d'oeuvre !!!!! si le 1er parait un peu désuet coté effet spéciaux aujourd'hui (j'ai pas vu la version remasterisée) il reste très bon.
    Le 2 est bien bourrin, du bon, du grand dezinguage d'alien (et de militaires), un grand moment
    Le 3 est le plus glauque, le plus sombre, mais que c'est bon !!!
    Le 4 est un chef d'oeuvre regorgeant de trouvailles (les clones ratés, la reine enceinte et son enfant, la mort de l'enfant) et de scènes a couper le souffle (les aliens qui nagent, la scene de la montée de l'échelle,...), c'est jouissif
    La plus grande tetralogie du monde (loin evant la tetra (Ka)raté Kid !!!)


    Hum hum, j'ai trouvé Alien 4 d'une nullité exemplaire.
    On fait revivre Sigourney a coup de génétique, à partir de de là, on peut faire n'importe quoi, et c'est précisément n'importe quoi. L'alien qui devient humain, les essais génétiques loupés ... je vous trouve bien complaisants à l'égard du réalisateur, ca aurait été l'oeuvre d'un réalisateur US, le film aurait été massacré par la critique.
    Le 1 me semble le meilleur (on ne voit presque pas l'Alien), le 2 est très bon, le trois un peu moins (ca passe très vite, trop vite).

  • Wax

    29/07/2006 à 14h59

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    J'ai trouvé le 4 excellent! Certes faire revivre Ripley à coup de clonage est un peu bourrin comme astuce scénaristique, mais l'idée de la relation mère-enfant et celle de la fusion entre le monstre et l'humain est particulièrement dérangeante et très bien exploitée. Par ailleurs l'image est magnifique et la musique relève bien l'ambiance.
    Le 4 marque clairement une rupture avec les 3 précédents, mais il n'en reste pas moins un excellent film bourré de bonnes idées.

  • Protos

    29/07/2006 à 15h13

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    Je trouve aussi que le 4 n'est pas génial. Le monstre alieno-humain final est comme sortit d'une serie B, d'ailleurs, tout le scénario est assez tordu. Un clone de Sigurney, à la rigeur, mais que celui-ci soit en plus cloné avec son alien, puis que la reine devienne une sorte de mutante engendrant un mutant humanoïde, c'est du délir pseudo-scientifique, encore cette peur populaire de la génétique. Une frontière que n'avaient pas oser franchir les réalisateur des 3 premiers, à raison.
    Sinon, le 1 fait vraiment kitch aujourd'hui.
    Le 2 suivants m'avaient laissés une bonne impression.

  • Wax

    29/07/2006 à 15h41

    Répondre

    Au contraire le propos sur la génétique est très pertinent. La génétique (terme recouvrant de nombreuses choses d'ailleurs) présente un potentiel énorme que l'on commence à peine à découvrir et à maitriser. Comme tout pouvoir, celui ci fait peur (à juste titre s'il tombe entre de mauvaises mains) et le cinéma ou la littérature ou l'art en général reflète cela: 1984 écrit au sortir de la guerre et du fascisme, Dr Folamour tourné pendant la paranoïa maladive vis a vis de la bombe atomique, etc...

    Alien 4, tout blockbuster hollywoodien qu'il soit, suscite très justement une réflexion sur le sujet (sans creuser très profond non plus hein, on est pas chez Gattaca)

    Le délire pseudo-scientifique (c'est de la SF! C'est pas de la science!) de mutation de l'humain et du monstre avait déjà été évoqué dans un film (et pas des moindres): La mouche de Cronenberg (La version antérieure avec Vincent Price est moins évocatrice puisqu'il ne s'agit pas vraiment de fusion mais de simple "échange": si vous ne me comprenez pas, regardez ces films, ils sont excellents tout les 2 )

    Sinon le 1 est une pure merveille d'angoisee à huis-clos (le premier film à m'avoir vraiment fichu les jetons) et perso, je trouve qu'il vieillit plutot bien.

  • Ingel

    02/08/2006 à 00h38

    Répondre

    Aussi etrange que sa puisse paraitre, je trouve le 3 aussi bon que le 1er, qui aurais le merite de cree le culte. Il fallait avoir du cran pour completement changer l'univers cree par Cameron, qui pour moi en dehors de l'aspect jouissifs, n'offre que peu de chose pour l'interpretation, mis a part un militarisme assez marrant.
    Mis a part les effets speciaux qui sont competement rater, lorsqu'il sajit de l'alien en echelle moyen, le film est un bijoux en trouvaille cinematrophique.
    Entre le manque totales d'arsenal militaire, entre les prisonniers, et leurs redemptions rechercher, et surtout, l'idee maitre : faire prendre enfin la fusion entre son ennemi. On assiste a une actrice au sommet de l'interpretation, une ambience exceptionnelle. Un voyage deprimant et audacieux, la ou le 2 et le 4 n'innove peu ou prou, mais essaye juste de faire different.

  • Anonyme

    24/07/2007 à 07h47

    Répondre

    c sur

  • Wax

    24/07/2007 à 11h01

    Répondre

    Hey, on pique pas mon pseudo stp!

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