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Il revient, il revient, Albator le capitaine corsaire

Les adaptations de films, séries, mangas, livres cultes se soldent souvent par un cuisant échec auprès des fans. Albator corsaire de l'espace n'en est, malheureusement, qu'un nouvel exemple.

Quiconque est né dans les années 70-80 a forcément des souvenirs du plus classe de tous les héros de cette époque : Captain Harlock alias Albator. Cette assertion ne souffre d'aucune discussion : il faut simplement admettre que Capitaine Flamme, Cobra ou Goldorak font bien pâle figure face au plus grand corsaire de l'espace qui ait jamais existé (et qui existera jamais). Alors quand la bande annonce d'un film a commencé à circuler sur les réseaux sociaux, la curiosité, l'excitation, puis l'impatience, sont montées petit à petit. Même s'il faut bien l'admettre, on a toujours un peu peur de découvrir une adaptation cinéma, surtout en images numériques et sans le réalisateur original. Et malheureusement une partie de nos doutes vont se révéler fondés.


DR. Pourtant qu'est-ce que ça donnait envie !

 

À travers les galaxies, a planté son drapeau noir

Les premières minutes permettent de poser les bases du film. Dans un lointain futur, les humains se sont éparpillés dans l'univers et en ont pillé toutes les ressources ; ils sont donc en train de mourir à petit feu et n'ont qu'une envie : finir leurs derniers jours sur la Terre des origines, ce que ne veulent pas les habitants de la Terre (pas folles les guêpes). Cette Guerre du Retour aboutit à un compromis : la Terre doit rester l'espoir de l'humanité et ne peut être re-colonisée. Sauf qu'Albator n'est pas de cet avis : l'Arcadia, son vaisseau à tête de mort, représente l'espoir pour tout un tas de gens prêts à risquer leur vie pour rejoindre l'équipage du beau balafré. Pourquoi ? Je n'en sais trop rien. Et c'est bien là que le bât blesse : au cours des 1H50 du film, il se passe plein de choses mais on comprend rarement les tenants et les aboutissants, et les quelques flashbacks ne nous aident pas particulièrement. Ce qui donne un aspect véritablement confus au scénario. Comble de l'horreur, ce qui aurait dû être LA dernière surprise du film est une évidence dès les premières minutes tandis que les retournements de situation précédents sont, au choix, complètement abscons ou complètement incohérents.


DR. Oui mais quand même visuellement c'est pas mal.

Il revient bien plus beau qu'il était dans nos mémoires (ou pas)

Au vu des images disséminées ici et là dans cette critique, on peut se rendre compte que les images de synthèse peuvent donner des résultats époustouflants. Et des résultats beaucoup moins esthétiques. De ce point de vue, l'animation d'Albator pêche sérieusement sur les visages. Ce n'est certes pas catastrophique mais on a l'impression de voir des vidéos d'il y a quelques années. Ce défaut ne se retrouve heureusement pas du tout pour les paysages qui sont d'une beauté à couper le souffle comme la ville terrienne que l'on voit dresser ses fiers minarets dans le ciel. Et puis... et puis... il y a l'Arcadia, ce formidable vaisseau spatial à la proue en tête de mort qui surgit d'un nuage plus noir que l'encre. Les vues extérieures du vaisseau d'Albator sont à la fois les plus réussies du film et ce que l'on en retiendra particulièrement. Peut-être même est-ce, plus que le personnage d'Albator en lui-même, ce que l'on attendait en fait en allant découvrir le film : voir cette fameuse tête de mort emplir petit à petit l'écran comme aux meilleurs moments de notre enfance envolée. Du coup le fait d'avoir privilégié la VO au détriment de la 3D a sans doute été un des regrets de cette séance. Il n'en reste pas moins que visuellement Albator est plutôt réussi.


DR. Albator et une faire-valoir blonde mince mais pulpeuse

Si l'on ajoute à ce sombre tableau des passages philosophiques de bazar, longs et ennuyeux, on ne pourra bien évidemment pas vous conseiller d'aller voir cet Albator-là. À moins d'être seulement intéressé par les bastons spatiales à coups de laser (et oui dans l'espace les lasers font toujours et depuis la nuit des temps du bruit) et par la vision de ce navire surgissant sur l'écran. C'est à ce moment-là que le cœur de l'enfant ressurgit et qu'on veut bien oublier les quelques défauts du film.

A propos de l'auteur

Intéressé par beaucoup trop de sujets, nazonfly est en charge de la partie Musique Krinein depuis quelques années. Ce qui ne l'empêche pas de visiter les territoires des livres, du cinéma, des médias et même de sciences et tech.

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