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Ailes Pourpres : le mystère des flamants (Les)

Le nouveau label de production DisneyNature ouvre sa propre voie de films animaliers en nous proposant une envolée vers un paysage incroyable et des flamants époustouflants de couleurs.

Le lac Natron, situé dans le nord de la Tanzanie, en Afrique, non loin de la frontière avec le Kenya, est un lieu extraordinaire. On y a pied partout, et souvent seule une poignée de centimètres sépare le fond de la surface. Au cours de l'année, son aspect change du tout au tout. Reflétant totalement le ciel, bordé par un volcan encore en activité et s'ouvrant sur un décor de montagnes verdoyantes, il cède peu à peu la place à un aspect blanc : une couche de sel se forme à sa surface, puis, avec le dégel, l'accrétion des cristaux forme une île de plusieurs kilomètres de surface. Le lac Natron
Le lac Natron
Avec des températures pouvant atteindre les 70 degrés, s'y baigner ne relève pas de la sinécure, d'autant plus que le sel joue son rôle abrasif à merveille.
C'est de cet espace pour ainsi dire totalement vierge de la présence des hommes que Matthew Aeberhard et Leander Ward sont tombés amoureux, au point de vouloir lui consacrer un film. En observant les flamants nains (une espèce de flamants qui présente des couleurs plus vives que celles que l'on a l'habitude de croiser dans nos zoos) se rassemblant sur le lac Natron pour s'accoupler puis pondre, ils ont décidés que ces derniers feraient d'excellents acteurs pour leur film.
Avec l'aide de Mélanie Finn, un scénario est monté dans lequel on suit un flamant de sa naissance à l'âge adulte. Il ne restait plus qu'à tourner les images collant au script. Tâche difficile qui nécessita une année complète de prise de vue dans un environnement certes vierge, mais peu confortable, voire même hostile.

Le résultat, au final, est plutôt probant. Les Ailes Pourpres : le mystère des flamants focalise sa caméra sur une troupe de flamants prenant pied sur le lac Natron afin d'entamer sa reproduction. Du premier bal pour chercher un partenaire jusqu'à la naissance d'un petit, puis des premiers pas jusqu'à l'envol, le flamant nous est dévoilé dans toute sa beauté et son impuissance face à l'adversité.
Coin ? Hum. non !
Coin ? Hum. non !
La fusion des images pour la plupart sidérantes de beauté, à tel point qu'on se demande pourquoi on reste sur son siège au lieu de prendre sans attendre un avion pour la Tanzanie, et de la musique du groupe The Cinematic Orchestra forme quelques savoureux moments de spectacle, notamment à travers une danse des flamants où les couleurs vives et les mouvements saccadés des cous et des becs s'allient avec brio à la musique pour former la plus belle scène du film. Un véritable ravissement pour les yeux et les oreilles.

Par la suite, le film semble peiner à trouver son nid.  L'intention des auteurs est de proposer une plongée dans le monde des flamants et non pas une explication zoologique, de conserver des zones d'ombres. Susciter l'envie et le désir plutôt que de placer un point final.
Ce voeu, certes sincère, semble être seulement à demi réalisé. On sort effectivement de la projection en ayant entraperçu un monde étonnant et incroyable, mais, on a surtout compris les choses par le truchement de la voix off plutôt que par la seule observation.
Pourtant, les paroles savent par moment se montrer poétique, peut-être de façon trop insistante, et trop peu souvent.
Les flamants, s'ils passionnent véritablement, sont finalement assez peu acteurs et parviennent à lasser apres les trois premiers quarts d'heure d'observation. Autant le sel de l'aventure, voire même la terreur et la pitié sont présents quand les Marabouts, oiseaux à l'apparence presque monstrueuse, s'invitent à la fête et tuent les petits flamants par dizaines, voire centaines, autant ces derniers sont assez énervants dans leurs évolutions maladroites et répétées. 

Bien que le souffle aventurier soit renouvelé de temps à autre, le film reste dans un cadre assez balisé, celui du documentaire propulsé à l'image et la musique de qualité. Les codes cinématographiques ne sont pas assez poussés et maîtrisés, preuve en est la fin de l'histoire qui a bien du mal à trouver sa place, après de nombreuses fausses alertes qui auraient chacune pu clore de bonne façon le film.

Ne boudons pas notre plaisir, on aurait aimé un peu moins d'académisme, plus de vie et de péripéties, mais les flamants et l'environnement du lac Natron sont tellement hors du commun qu'ils justifient à eux seuls de jeter un oeil attentif aux Ailes Pourpres.

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Fragile

A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

6 commentaires

  • Anonyme

    12/12/2008 à 21h40

    Répondre

    J'attendais se documentaire avec impatience, mais je suis super deçu. En effet j'ai au la chance de pouvoir le voir en avant première hier soir en présence de Franck Cezilly co auteur du livre dériver. Ce film présente de magnifique image c'est indégniable mais présente un interet scientifique distant. En effet, même bien que disney est des coup de fonctionnement qui insite a faire un film peut engager, un peu plus d'engagement aurait été fort agréable, simplement pour faire passer le message de protection de cette espece sexy... Mais les images sont plus que magnifique... En espérant que Disney se permetra un messena pour la protection de l'écosystème très fragile du lac natron et autre site de  nidification de ses 6 especes de Flamants...

  • Anonyme

    25/12/2008 à 14h04

    Répondre

    Incontournable pour qui aime les fils animaliers, la nature, les paysages exceptionnels. Un magnifique film de photographe.

  • Anonyme

    29/12/2008 à 14h22

    Répondre

    Ce serait bien d'écrire un message sans faute d'orthographe à chaque ligne au lieu de critiquer ce splendide documentaire !


    L'écologie de la langue française a aussi une très grande importance

  • Anonyme

    15/01/2009 à 11h26

    Répondre

    Passionné par la nature et fan de documentaires animaliers (j'ai  fait des études de biologie) j'attendais ce film avec beaucoup d'impatience. Quelle déception ! A la limite flamingo dans fantasia 2000 était plus intéressant... C'est vraiment dommage car avec la compagnie Disney derrière, cela aurait pu être beaucoup mieux : pas de réel intérêt scientifique, ni même narratif, ce qui fait qu'on s'ennuie au bout d'une demi heure.  J'ai déjà vu des documentaires TV sur les flamants roses beaucoup plus sympas. J'attends tout de même la prochaine production de Disneynature, en espérant que cela soit beaucoup mieux !

  • Anonyme

    16/01/2009 à 13h38

    Répondre

    quelle horreur toutes ces fautes !!! après ça la critique tombe à l'eau...

  • Anonyme

    05/02/2009 à 20h01

    Répondre

    bonjour,


    Je besoin d´un Messena pour un Documentaire,de une


    (1 heurs) sûr L'Amazônie Brésilienne.

    Il  y a des scoops

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