7.5/10

L'aigle s'est envolé - DVD

Un film de guerre atypique, porté par un très bon casting et l'excellente musique de Lalo Schifrin. Le DVD est un peu chiche, mais le film vaut le coup.

Le film

Dernier film de la carrière de John Sturges, qui en comptait déjà 43 depuis 1946, L'aigle s'est envolé est un demi-classique du film de guerre. Plus connu pour ses
westerns (Les sept mercenaires, Coups de feu à OK Corral, Le dernier train de Gun Hill) mais également réalisateur de La grande évasion, Sturges signe pour finir son œuvre un film étrange malgré son classicisme formel, et qui osait, en 1976, aller à contre-courant de l'image d'Epinal répandue jusqu'ici, qui voulait que tous les Allemands aient été des salauds durant la Seconde Guerre Mondiale. Ici, le colonel Kurt Steiner (Michael Caine) est un officier d'une grande droiture, écœuré par les actions du régime nazi ; sa tentative de sauver une femme juive de la déportation lui vaut d'être emprisonné, ainsi que ses hommes. Sa seule chance de rédemption : accepter une mission insensée mise au point par le colonel Max Radl (Robert Duvall), avec l'aide de l'opportuniste Irlandais Liam Devlin (Donald Sutherland). L'objectif ? Enlever Winston Churchill...

Une fois accepté le fait que Michael Caine, le citoyen britannique ultime, joue un officier allemand malgré son accent posh, et que Robert Duvall de son côté soit le seul à s'exprimer avec un accent allemand à couper au couteau, on appréciera l'intrigue du film, plus axée sur les caractères des protagonistes que sur l'action. Michael Caine et Donald Sutherland sont parfaits, et le deuxième parvient à donner du corps à un personnage aux motivations un peu floues. Le spectateur reconnaîtra également Donald Pleasence en Himmler (peu présent), le tout jeune Treat Williams en capitaine Clark, et Larry Hagman (le JR de Dallas) en colonel Caine le survivant
Caine le survivant
Pitts. Tous sont au service d'une histoire d'honneur et de respect, qui trouve une résolution inattendue mais nécessairement tragique. La violence, assez rare, n'en est pas moins effroyablement brutale, et d'autant plus percutante qu'elle touche des individus, là où le cinéma de guerre a habitué le spectateur aux massacres collectifs.

Le titre du film, quant à lui, appelle deux remarques : d'une part il ne faut pas le confondre avec Quand les aigles attaquent, situé à la même période mais tourné en 1968 avec Richard Burton et Clint Eastwood ; d'autre part il dénote un curieux sens de la traduction de la part des distributeurs français, puisque The eagle has landed ne veut pas dire que l'aigle s'est envolé, mais s'est posé...

Le DVD

Réédité par TF1 Vidéo le mois dernier, le DVD de L'aigle s'est envolé bénéficie d'un beau transfert remasterisé, avec un format cinémascope heureusement respecté (ne rigolez pas, on trouve encore des éditeurs qui recadrent les films). Le son est moins heureux, avec une piste anglaise nettement moins bien traitée que la française. On a beau savoir qu'une majorité de spectateurs optent pour la vf, on serait content que les cinéphiles puissent s'éclater de la même manière. Le résultat n'est pas honteux pour autant, mais le volume est clairement moins poussé sur la vo, et les dialogues sont sous-mixés par rapport aux effets sonores et à la musique. En même temps, la musique est de Lalo Schifrin et elle poutre un max, mais ce n'est pas une raison.


On remarquera également que par rapport à la première édition, qui datait de 2001, TF1 Vidéo a choisi de changer la jaquette, remplaçant l'affiche cinéma par un montage qui met Michael Caine au premier plan. En même temps, leur « affiche cinéma » de 2001 était déjà retouchée, puisque l'énorme croix gammée qui en faisait tout l'intérêt avait été effacée... alors qu'elle réapparaît en fond sur la nouvelle jaquette !

Côté bonus, le DVD offre neuf scènes coupées, ce qui est bien en soi - et plutôt rare sur les films de cet âge, mais ne les accompagne d'aucun commentaire, ni écrit ni oral, et ne propose pas de les visionner d'un seul trait. Ne chipotons pas, car la plupart sont de véritables ajouts au film, et pas de simples scènes rallongées comme on le voit parfois. On découvre par exemple que la relation entre le personnage de Donald Sutherland et celui de son amoureuse Molly (jouée par Jenny Agutter) était plus développée originellement. Plusieurs de leurs scènes ont été coupées pour recentrer le film sur Michael Caine. La première rencontre entre Sutherland et le prêtre permet quant à elle de mieux comprendre une scène conservée dans le film, qui était supposée lui servir de contrepoint.

En revanche, pas de bande-annonce (pas même celles d'autres films du catalogue, comme les Héros de Télémark sortis en même temps chez TF1 Vidéo), pas de galerie d'affiches alors qu'il en existe une tripotée de versions différentes, pas d'interview ni de documentaires, d'époque ou pas... Mais à défaut d'être un nid à bonus, le DVD est le nid d'un Aigle bien intéressant, qui mérite d'être redécouvert.

A découvrir

Eldorado

Partager cet article

A propos de l'auteur

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein cinéma, c'est l'actualité et les critiques de films qui sortent au cinéma, en dvd et en bluray .

Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

Rubriques