7.5/10

A.I. Artificial Intelligence

Attendu Impatiemment. Cela pourrait être une traduction de AI, le nouveau film de Spielberg, ultra-médiatisé puisqu'il s'agit d'un projet inachevé de Stanley Kubrick. Une oeuvre qui porte donc la patte des deux maîtres, d'une certaine manière, au service d'un scénario de science fiction avec le prodigieux Haley Joel Osment.

Dans un futur proche, Martin, le fils de Monica et Henri, est atteint d'un mal incurable et vit en cryogénisation en attendant la mise au point d'un remède. Alors que les nouvelles vont plutôt mal, Henri est choisi par sa boîte pour être le « testeur » d'un tout nouveau type de robot doté d'une intelligence artificielle révolutionnaire, conçu pour aimer et surtout se faire aimer...

Le film peut se scinder en plusieurs parties. La première prend place dans l'appartement restreint de Monica et Henri, avec l'intégration de David (le robot). Une première heure tout en finesse, d'un impact assez bouleversant, d'une interprétation juste et même au-delà. Les rapports mère-fils qu'entretiennent Frances O'Connor et Haley Joel Osment par leurs rôles et leurs sentiments sont hallucinants de vérité. La mère qui a du mal à se faire à l'idée d'adopter un robot et qui pourtant ne peut repousser l'amour que lui porte cette petite chose tellement humaine, le robot qui a tant d'amour à donner et qui doit faire face à ses différences et au regard des autres. Des rapports qui vont se dégrader et qui ne peuvent mener qu'à la rupture. Ce qui donne place à une deuxième partie, présentant le contexte historique, les sentiments des humains face aux robots, leur utilisation dans la vie de tous les jours, la décadence que cela a entraînée. Une espèce de conte de fées s'installe alors, une quête qu'entame David pour regagner l'amour de sa mère en devenant humain. Et c'est dans cette société futuriste qu'il rencontre la machine à plaisir hyper-stylée qu'incarne Jude Law, à la fois crédible et amusant. C'est dans ce morceau du film que les effets spéciaux commencent à devenir plus présents, pour dessiner les superbes décors de Rouge City notamment. Puis la troisième partie, la dernière demi-heure du film (sur 2h20), avec ses allures de mission to Mars ou de rencontre du troisième type, fait dans le happy end larmoyant. Même un peu trop d'ailleurs. Encore que finir avec des extraterrestres fait un peu figure de hors sujet, comme si c'est tout ce qu'ils avaient trouvé pour faire une fin émouvante.
On reconnaît Kubrick dans le propos, la philosophie, l'oeuvre déchirante et décalée, et Spielberg derrière la caméra, son sens du spectacle, sa constance. Une association plutôt incroyable, livrant un film flirtant avec le prodigieux qui aurait pu « conclure » en gardant une certaine unité tout au long du métrage (la fin est décevante, émouvante mais décevante). D'autre part, Haley Joel Osment et Frances O'Connor mériteraient d'être nommés aux oscars cette année.

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Wasabi

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11 commentaires

  • Droogie

    04/05/2003 à 00h00

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    A.I. est un chef d'oeuvre visionnaire imaginé par Kubrick mais malheureusement réalisé par Spielberg.
    AI est trop long ! Avec une fin idiote. Oui la fin est gâchée, j'aurais préféré que l'histoire se termine au fond de l'eau pour le côté féérique. Mais en essayant d'apporter davantages d'explications sur l'humanité, une thèse absurde et inutile vient détourner le film de son côté enchanteur. Serait-ce Spielberg qui aurait voulu réintroduire E.T. ? Dommage !
    Ouf, Jude Law et Haley Joel Osment sont très bons !

  • Anonyme

    26/09/2003 à 00h01

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    AI est un chef d'oeuvre philosophique : qu'est-ce que l'amour? Est-il éternel? Que sommes-nous? Jusqu'où peut aller l'intelligence artificielle?
    Oui, c'est vrai, la fin du film est hors sujet mais TELLEMENT émouvante....
    Ai, c'est un film pour se divertir, réfléchir et vivre. A posséder absolument dans sa DVDthèque!

  • Anonyme

    10/02/2004 à 00h02

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    A.I. ... voilà une preuve qu'on ne peut pas s'amuser à bâcler la question humain/ machine simplement parcequ'on s'appelle Spielberg. C'était une question très intéressante, les machines peuvent elle avoir une âme, et éprouver de l'amour? comment les intégrer à notre société...et surout, valent-elles mieux qu'un enfant réel? (ben oui, vaut mieux adopter un robot qu'un enfant...pffff) Mais tout est bcp trop simple dans ce film, à l'image même de la vision générale de Spielberg sur de nombreux sujets. A vouloir rendre accessible ce propos qui moi-même me dépasse, il l'a rendu indigeste et invraisemblable.
    Et le film est d'une lenteur insupportable (surtout la fin, vous en conviendrez)
    Alors à moins de vouloir faire une sieste profonde pdt plus de 2 h (3h? je ne me rappelle même pas), passez votre chemin.

  • Anonyme

    30/10/2007 à 12h18

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    Passez votre chemin ce film n'apporte que de l'ennui!


    une fin complètement débile, à un moment on croit que le film va commencer (à peu près 1h30 après le début!) et non! ça replonge dans la mièvrerie. Jude law y est complètement ridicule. C'est l'un des films les plus chiants qu'il m'aient été donné de voir...

  • riffhifi

    30/10/2007 à 12h28

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    Ne passez pas votre chemin au contraire, le film est assez controversé pour mériter le coup d'oeil


    A mon sens, un des meilleurs films de Spielberg, un des plus originaux et des plus beaux. 8.5 ou 9

  • kou4k

    30/10/2007 à 14h30

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    Si la partie finale, complètement inutile et débile avait été retirée, le film aurait frôlé la perfection...

  • Anonyme

    05/04/2008 à 11h23

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    Et dire qu'à la fin, ce ne sont pas des extraterrestres qu'on voit mais une forme évoluée d'intelligence artificielle ! Les humains sont morts mais les robots ont réussis à se développer d'eux memes et David est le maillon manquant entre l'homme et ces robots nouvelle génération. C'est un film sublime, mélange de Kubrick dans le propos et de Spielberg dans la mise en image. Visuellement splendide, un film qui prendra du galon dans les années à venir. Dommage que Haley Joel Osment n'a pas reçu l'oscar du meilleur acteur car sa prestation est éblouissante (garder les yeux ouverts tout le long du film, c'est un défi !)

  • nazonfly

    05/04/2008 à 22h55

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    Suffit de faire plusieurs prises pour garder les yeux ouverts... Mais c'est moche de raconter la fin du film.

  • Anonyme

    21/05/2008 à 13h45

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    Ouais, c'est moche de raconter la fin du film. Quoique... Ce film laisse songeur, effectivement...Ce film porte la patte de ces deux réalisateurs. Le coté féérique de Spielberg, et le cynisme( sur le fond), la structure du récit de Kubrick, un film avec les travelings les plus délirants que j'ai jamais vu: (Lents et hypnotiques pendant la scène de course de robots ultra énergique). Ce film est à voir, à mon avis, ne serait-ce que pour ça. L'alliage des mises en scène.


    Le fond est émouvant, le sujet dur. A mon avis plus un film sur l'apprentissage de l'amour avec ce qu'il y a de construction de soi dans cet apprentissage et tous les doutes qui nous traverse et sur la marginalité (que faire quand on a été aimé de manière partielle, rejeté par sa propre mère ? Comment aimer, et s'aimer....), le robot étant plus l'image de l'enfant non aimé, qui ère sans savoir qui il est. Le thème de l'identité, et l'importance de l'enfance dans la détermination des choix futurs.


     Entre autre thèmes, parce que ce film est très riche, je trouve. Un film 'somme' comme l'étaient tous les films de Kubrick, parce qu'il ne rentraient dans aucun cadre, et que le spectateur pouvait y puiser des interprétations à l'infini.


    Ce que Spielberg a réussi est assez extraordinaire. Adapter son cinéma à la forme kubrickienne, et de ce fait le rendre beaucoup plus inssaisissable est une vraie performance.


    Je pense que c'est certainement le meilleur film de Spielberg, qui semble dans ce film avoir encore gagné en justesse, et un film majeur. La question qui reste: jubrick aurait il fait mieux? Pour moi, non, parce que la féérie, peu de réalisateurs savent  autant aussi bien la transmettre que Spielberg. C'est d'ailleurs pour ça que kubrick avait longtemps douté sur sa capacité à faire un bon film de son scénario....


     

  • Anonyme

    21/05/2008 à 14h08

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    Paradoxalement les enfants, c'est pas spielberg qui voulait du final avec les ET. Il s'est longtemps demandé si il devait le garder ou l'enlever. C'est kubrick qui voulait cette fin.


    Eh oui !!! les fins bizarres dans les films kubrick, c'est un petit peu récurrent. Encore une fin qui peut se comprendre de plusieurs manières. Le rêve du robot, par exemple, qui ne peut trouver son humanité chez les hommes et la demande à des non humains. Ou plus premier degré. Mais ça ne compte pas, à mon avis, cette fin est plus à prendre métaphoriquement. On ne nait pas homme, c'est la société qui nous accepte ou nous rejette, et nous rend monstrueux ou humain, fait de nous des machines (incapables des donner des buts de se fixer des limites, et de nous donner notre dignité) ou des hommes. Cette fin je l'aurais plutôt vu comme l'arrivée des libérateurs du robot, qui lui donnent ce qu'il rêvait et ce que les humains ne lui ont pas donné.


    Et contrairement à ce que tout le monde pense, je trouve que ça va très bien avec la société humaine décadente dans laquelle se place le récit, vouée à disparaître (Sous les eaux après la montée des glaces qu'elle n'a su endiguer) et à être remplacée par une autre race.


    Je trouve qu'il est dommage que les critiques ne l'ait pas compris, et l'ait rejeté à sa sortie plus par que c'était un spielberg qu'autre chose.


    Ouais, vraiment un grand film, bien plus profond que ce qu'il laisse paraître.

  • Anonyme

    28/08/2010 à 15h28

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    Il me semble qu'il est difficile d'apprécie ce film à sa juste valeur si on ne poursuit pas notre réflexion après la séance.

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