4/10

Agora

Amenabar livre un péplum pseudo-intello qui risque de laisser la bouche sèche. Pas de quoi s'enthousiasmer, donc, ni cracher sa haine.

Parfois, on s'asseoit dans une salle obscure et dès la première scène on comprend que le film va être un désastre. La photographie se montre ignoble, le jeu des acteurs improbable. Parfois, c'est tout le contraire, on pourrait presque ressentir un instant de grâce. Avec Agora, l'enjeu est tout autre.

Amenabar, en quelques minutes, parvient à convaincre que l'on va assister à de la soupe tout du long. C'est un sentiment étrange, diffus, dérangeant, pour le moins subjectif, mais pourtant il est bien présent : on ne choquera pas le bourgeois
durant toute la durée du film. Pourtant, la réalisation est correcte, et certains plans un peu osés (renversement de l'image, vue aérienne, etc.) parviennent même à susciter de l'intérêt. Mais pour le reste, on s'ennuie ferme.

Alexandrie tiraillée par des émeutes religieuses, ça plaît évidemment beaucoup au grand écran, mais ça laisse sur sa faim. On assiste seulement à une lutte politique à coup de disciples encouragés par leur foi. Les religions n'en sortent évidemment pas grandies, mais qui peut encore penser que le propos est neuf ? Les guides spirituels seraient en réalité des leaders politiques ? Oh, My God !

Evidemment, tout n'est pas si simple, et comme à Troie, on trouve une femme au coeur de la tempête. Ici c'est Hypathie, philosophe libre qui s'attirera le courroux des grands de la ville. Amenabar fait d'une pierre deux coups (n'y voyez pas de mauvais jeu de mot sur la lapidation...), et en profite pour coller tout le background scientifique du personnage. Elle remet tout en question, allant même jusqu'à vouloir trouver une explication plus plausible que celle des sphères célestes à la façon dont fonctionne l'univers. Agrémenter un film historique avec quelques découvertes scientifiques, pourquoi pas... Mais ici, Agora prend une claque : on a clairement l'impression qu'Amenabar cherche seulement à intellectualiser son peplum, et de façon peu subtile. 

Finalement, Agora est bien loin d'être un monstre. Seulement, il n'a pas grande saveur, fade malgré son budget colossal.

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A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

15 commentaires

  • Anonyme

    11/01/2010 à 18h49

    Répondre

    Cette critique est à côté de la plaque. Le film est l'inverse de ce qui est dit. C'est du très grand cinéma !

  • sergio

    14/01/2010 à 21h49

    Répondre

    Moi je l'ai trouvé vraiment pas mal ce film. 


    Oui le propos est pas nouveau, et oui l'approche du film aurait pu être plus tranchée (mais n'en n'aurait-elle pas été plus caricaturale), mais cette diatribe sur les religions et ses dérives, c'est toujours bien d'en remettre une couche. Le petit côté histori-scientifique sur Alexandrie et les connaissances de l'époque est par railleurs un plus sympatoche, et les méchants du film, comme le parabolant qui marche sur le feu sont pour une fois de vrais bons méchants !

  • Anonyme

    09/02/2010 à 13h28

    Répondre

    Comme exarkun, cette critique est totalement à la ramasse. J'ai l'impression de lire un néophyte sur cette période peu connue du grand public. Cefilm mérite mieux que des critiques du dimanche.

  • Anonyme

    29/06/2010 à 00h20

    Répondre

    Il y a ceux qui se contente de la surface des choses et les autres qui vont au dela... ce film en est un bel exemple... cette critique aussi.

  • Anonyme

    09/08/2010 à 02h44

    Répondre

    Cet avis est celui d'un pisse-froid.

  • Anonyme

    31/10/2010 à 00h37

    Répondre

    Quelle critique ignare et superficielle!


    Un film fabuleux et brillant, avec des ambiances crédibles, et une vision, peut-être pas "neuve," mais certainement d'actualité sur le fanatisme et l'obscuantisme.

  • Anonyme

    16/12/2010 à 19h26

    Répondre

    Excellent film. Enfin ! On l'aime et on aime l'aimer.. On reconnait parfaitement le motif que cache la moue dégoûtée de ce critique. C'est dur de voir la violence obscène des religieux monothéistes à l'état brut et de constater la mise en esclavage qui résulte de ces astuces de foire : " l'important ce sont les questions que je vous pose, vous ne savez pas répondre ? alors obéissez moi!, je suis l'envoyé de Dieu, le seul, le mien... à genoux." Ce religions judéo christiano- musulmanes sont plus viellles et plus rabacheuses que les critiques qu'on leur porte. Salut subtil critique on t'a reconnu. Le débat qui établit la frontière entre croire et savoir est toujours gênant pour le projet intelligent : celui qui réduit les hommes en petits soldats!   

  • Anonyme

    17/12/2010 à 16h29

    Répondre

    ce film est d actualite , il denonce l obscurantisme et son combat  permanent ,contre la science qui napportes que les preuvesde son avancee dans l histoire . ce film fait egalement  l apologie sur l agora ,de la tolerance ,la future laicite ,et la libre pensee.la vision de ce chef d oeuvre est recommande dans nos lyces. ; il est temps que la pensee rationnaliste s impose sur le dogme et la verite revelee.

  • Anonyme

    19/12/2010 à 17h18

    Répondre

    C'est quoi cette critique! Un imbécile en manque de Bruce Willis...

  • Guillaume

    19/12/2010 à 17h34

    Répondre

    Dommage, personne ne doit lire ce que j'ai écris ou je dois mal l'exprimer :/ Si je résume en quelques mots, j'écris que le film n'est pas assez fin pour être considéré comme intelligent.


    Ca ressemble plus à du Bruce Willis à qui on aurait collé trois scènes où il réciterait des tables de multiplications qu'à un film d'intello qui serait armé d'un fusil... Et c'est dommage.

  • Anonyme

    21/12/2010 à 06h27

    Répondre

    Un film, un récit formidable. Jai cherché à lire ce que les gens en pensaient...pour tomber sur ce site et cette critique. Il en faut de la compassion pour excuser de tels obscurantistes. j 'espère que vous ne payez pas ce non voyant pour aller au ciné...

  • Anonyme

    02/01/2011 à 19h13

    Répondre

    "Agré­men­ter un film his­to­rique avec
    quelques dé­cou­vertes scien­ti­fiques, pour­quoi
    pas..."

    "On as­siste seule­ment à une lutte
    po­li­tique à coup de dis­ciples en­cou­ra­gés
    par leur foi. Les re­li­gions n'en sortent évi­dem­ment
    pas gran­dies, mais qui peut en­core pen­ser que le
    pro­pos est neuf ? Les guides spi­ri­tuels se­raient
    en réa­li­té des lea­ders po­li­tiques ? Oh, My
    God ! "


    Cette chronique aura au moins le mérite de rendre plus léger le
    sujet grave du film...
    [img]http://www.krinein.com/forum/images/smilies/wink.gif"%20border="0[/img]
    Les guides spirituels religieux libérent ici les esclaves des
    penseurs et scientifiques les plus libres de l'époque... Peut-être
    serait-il souhaitable que ce site libère elle Guillaume, notre
    chroniqueurs du jour, de tâches qui visiblement le dépassent?

  • Guillaume

    15/01/2011 à 11h52

    Répondre

    Oui, je confirme ma position, Agora enfonce des portes ouvertes tout en essayant de laisser penser qu'elles sont raffinées. Ce qui en fait un film assez dispensable.

  • Sylvain

    15/01/2011 à 12h38

    Répondre

    Je n'avais pas vu tous ces commentaires pour te féliciter Personnellement, Agora c'est pour moi une belle photo, une bonne mise en scène, une Rachel Weisz plutôt en forme, et un propos philosophico-historique que BHL aurait pu écrire. Ca ressemble à un truc réfléchi, ça sent comme un truc réfléchi, mais c'est juste une belle façade...

  • azbinebrozer

    24/01/2011 à 10h51

    Répondre

    Donc le film n'est pas intéressant...
    Je vous propose quelques notes déjà déposées sur un autre site sur un thème du film que vous n'évoquez pas, probablement un thème mal traité dans le film ?

    "Je reconnais que la description des religions offertes par le film manque un peu de nuance. On aurait aimé voir et entendre un peu plus le versant idéaliste de ces religions. On voit surtout ses terribles influences « temporelles », politiques. Mais tout de même quelques scènes sont très significatives...

    Nombres de critiques oublient le thème de l'esclavage très fort dans le film à travers un personnage. Ce sont bien les guides spirituels religieux qui libèrent ici les esclaves des penseurs et scientifiques les plus libres de l'époque. Il y a là un énorme paradoxe qui revient sans arrêt dans le film et qui en fait sa force.

    - Il y a la scène où l'esclave montre qu'il est un excellent penseur en astronomie, mais il reste esclave. La force des religions juive (en partie), chrétienne et musulmane est bien de libérer tous les individus. Et oui, la femme y perdra... Mais la tyrannie n'est pas si univoque... L'esclave pour autant qu'il soit savant n'est pas affranchie... La culture antique porte ses « points aveugles ». L'excellence des philosophes repose sur la condition asservie de ceux qui les servent... Si l'excellence est ruinée lors de la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie, cette régression est au profit de la pensée d'une humanité universelle.
    - Il y a la scène où l'esclave frappe le père philosophe de la philosophe qu'il aime après que celui-ci ait appelé à attaquer ses libérateurs. Paradoxe de celui qui frappe celui qui l'a élevé intellectuellement mais le maintient sous-homme...
    - Il y a les 2 scènes où l'esclave rejoint la philosophe dans de troublantes scènes où l'érotisme se mêle à la violence. Dans la première scène, le viol n'est pas loin. L'esclave qui jamais en tant que sous-homme ne pourra être digne du corps d'une femme, la plus libre qu'elle soit, rompt la distance de nature entre les corps. Ceux qui n'auront vu ici que la force du désir de l'esclave auront sous-estimé le ressenti de ces « mis de côté ». L'esclave romain pouvait être certes objet sexuel de l'homme libre, mais jamais « sujet » sexuel (donc surtout pas actif ).
    Dans la deuxième scène, la violence qu'il exerce sur cette femme, dont on peut s'interroger sur le caractère érotique, est le moyen de protéger son corps tant visuellement que de la souffrance. De fait il lui assure jusqu'à la mort le respect de sa personne.

    Aujourd'hui c'est bien une culture occidentale qui est visée, et la liberté des femmes aussi. Il est curieux que si peu voit ici combien les religions s'appuient sur la reconnaissance qu'ils accordent aux déshérités sociaux. Par exemple la théologie de la « libération », puis l'évangélisme pour le christianisme en Amériques du Sud. L'islamisme ailleurs.
    Et dans nos villes, des quartiers entiers où la moitié de la population est exclut socialement ou en « économie parallèle ».

    Guillaume, on parle bien du même film ? http://cinema.krinein.com/agora-18586/critique-9572.html

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