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Agents secrets

Agents Secrets

Les démocraties ont également leurs petits secrets. Ceux-ci sont portés par un seul et même leitmotiv : la raison d'Etat. Théorisée par Machiavel et Richelieu, la règle du jeu pourrait être « fais ce qu'il faut pour servir tes intérêts » quitte à escamoter la légalité.
A Algeciras, en Espagne, Eugène avale une micropuce enrobée d'un quelconque excipient. De sales types sont à ses trousses. Mais il contrôle la situation, visiblement, c'est un pro. Quelques heures plus tard, Eugène est abattu.
Une fois son corps rapatrié en France, la DGSE récupère la mystérieuse micropuce. Liposky, un obscur trafiquant d'armes, alimente un mouvement révolutionnaire. La France ne peut pas le permettre et envoie ses agents (Lisa, Georges, Raymond, Loïc et Tony) faire sauter le cargo chargé de livrer les instruments de morts.
La mission est accomplie malgré les mises en garde d'un agent américain. De retour vers la mère patrie, Lisa est interpellée par la douane suisse tandis que Raymond se voit loger quelques balles dans la tête. Georges (Vincent Cassel), passablement remonté, essaie alors de comprendre ce qui s'est réellement passé...

Agents Secrets, c'est un peu le petit frère de Scènes de crimes. Cinq années d'écart, même réalisateur. Sauf qu'un long métrage comme Agents Secrets n'a pas l'étincelle d'un Scènes de crimes. Alors certes, le souci du détail, du réalisme est encore là. Pourtant, des officiers de la SRPJ de Versailles aux agents très spéciaux de la DGSE, de subtils mais désastreux changements ont été opérés.
Agents Secrets, c'est tout d'abord un plus gros budget. C'est donc également une plus grosse ambition. Soulignée à l'écran par le duo Cassel-Belluci, là ou Scènes de crimes se « contentait » d'un Berling-Dussolier. Le jeu d'acteurs des deux tourtereaux est loin d'être mauvais certes, mais Fréderic Schoendoerffer a fait une erreur incroyable en nous jetant un scénario qui se voulait réaliste et campé par deux acteurs sur-charismatiques. Alors certes, on dévore Lisa du regard pendant 1h49, et Georges en impose... mais définitivement, Charles Berling aurait fait des miracles à la place de Vincent Cassel. Et sa relation avec le personnage de Lisa n'en aurait été que plus troublante.
C'est enfin un film au scénario un peu creux et dont on ne voit pas la fin. Scènes de crimes était une enquête policière typique, crime-enquête-dénouement. Finalement avec Agents Secrets, des individus servant la DGSE depuis des années se retrouvent surpris de n'être que des instruments au service d'une entité (la France) qui dépasse la notion de « bien » ou de « mal ». Dès lors, voir les héros d'Agents Secrets rechigner devant une sale mission laisse le spectateur un peu dubitatif...

La réalisation léchée d'Agents Secrets, parsemée quand et quand de plans astucieux, ne permettra pas d'ignorer ces deux défauts.

Si vous devez choisir entre Scènes de crimes et Agents Secrets, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

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