7.5/10

Agent spécial

Seven 7 exhume en DVD un inédit de Jet Li, tout droit venu de sa période pré-hollywoodienne. Les combats dépotent un maximum, chorégraphiés et filmés expertement par un pro nommé Corey Yuen.

 

La vidéo, c'est un moyen de voyager dans le temps. Pas seulement parce qu'elle permet de revoir à l'infini un film que l'on a aimé à un instant t, mais aussi parce qu'elle peut nous propulser plusieurs décennies en arrière en exhumant un inédit subitement traduit en français. Ainsi, Agent spécial nous vient directement de l'année 1995, alors que sa vedette Jet Li n'était connu en Occident que d'une poignée d'acharnés du kung fu. Derrière ce titre bateau, le titre chinois Gei ba ba de xin se traduit semble-t-il par My Father is a Hero ; qu'on ne s'y trompe pas, il ne
s'agit pas d'une version orientale de Mon père ce héros avec Depardieu, mais plutôt d'une sorte de True Lies dopé aux arts martiaux, nappé une pointe d'émotion inattendue. True Lies étant pour sa part le remake d'un film français, on s'y retrouve. Non ? Pour compliquer l'affaire, le titre anglais est The Enforcer, déjà utilisé pour un film d'Humphrey Bogart (La femme à abattre) et un autre de Clint Eastwood (L'inspecteur ne renonce jamais).

Gong Wei (Jet Li) est un agent sous couverture, chargé d'infiltrer les gangs pour mieux les démanteler ; ni sa femme ni son fils ne savent exactement ce qu'il fait, et le mensonge commence à le ronger d'autant plus que sa femme est gravement malade. Alors qu'il les laisse une fois de plus derrière lui, Wei s'accroche à la promesse que son chef lui a faite : cette mission sera la dernière...

Le réalisateur Corey Yuen, bien que son nom ne soit pas aussi connu que ceux de John Woo ou de Tsui Hark, est un vétéran du film d'action : d'abord actif devant la caméra (il apparaît dès l'âge de 20 ans dans un film de Bruce Lee), il se retrouve derrière dès le début des années 80, et entame une belle carrière au cours de laquelle il dirige Jean-Claude Van Damme, Jackie Chan, Michelle Yeoh, Sammo Hung... En tout, sa filmographie de cinéaste compte une trentaine de titres, le dernier en date étant le neuneu Dead Or Alive sur le territoire américain. En 1995, Yuen a déjà dirigé Jet Li à trois reprises, et lui a déjà attribué le jeune Miu Tse comme fils dans La légende du dragon rouge. Pas d'étonnement à voir le duo
fonctionner à merveille : le gamin possède un kung fu aussi étourdissant que celui de son "père", et les séquences d'action sont aussi musclées qu'imaginatives. Le côté over-the-top de certaines d'entre elles aurait même tendance à faire basculer le ton du film vers la quasi-comédie à la Jackie Chan ; pourtant, certains éléments de l'intrigue instaurent au contraire une ambiance dramatique assez inattendue, jusqu'à l'irruption d'une scène inimaginable à Hollywood (ça tombe bien, on est à Hong Kong), que l'on ne spoilera pas au spectateur curieux. Car malgré cette difficulté occasionnelle à cerner le ton, l'amateur d'arts martiaux prendra un pied certain à découvrir cette bande dynamique et explosive, dans laquelle un enfant peut botter des fesses de façon crédible, sans donner envie de lui filer des tartes. Le fait est rare.


Pas de bonus en vue, hormis la bande-annonce du film et celles de quatre autres productions hongkongaises (parmi lesquelles se trouve The Defender du même duo Yuen / Li, à ne pas confondre avec celui de Dolph Lundgren).


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