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affaire Josey Aimes (L')

L'Amérique raffole de ces grandes histoires où une seule personne défie les institutions par la seule force de sa volonté et de son intégrité afin de faire valoir les droits fondamentaux de chacun et rétablir la moralité. Après l'écologiste Erin Brokovich ou l'ouvrière Norma Rae, c'est au tour de la mineuse Josey Aimes d'agir. Elle vient porter secours à ses collègues féminines pour mettre fin au harcèlement qu'elles subissent à la mine de fer. Plus que mal vu dans ce monde macho et arriéré qui ne les considère utiles qu'au foyer, elles se font insulter et maltraiter quotidiennement, un comportement insupportable pour Josey Aimes qui, seule, va arrêter ces insupportables procédés. Pour mener le combat, on retrouve une Charlize Theron quelque peu transformée, mais moins que pour Monster. Tirée d'une histoire vraie, l'affaire Josey Aimes peut débuter.

C'est bien gentil les films de ce genre où les faibles combattent les forts grâce à l'outil judiciaire mais le filon semble tout de même s'épuiser. On connaît à peu près toutes les ficelles du scénario et on arrive à prévoir chaque situation, ce qui rend le côté émotionnel bien moins poignant. Oui, le film montre la vie d'un trou paumé du Minnesota et les conditions de travail à la mine mais même si ces scènes sont parfaitement rendues par le langage et les actes crus des mineurs ainsi que la dureté de l'emploi, on a du mal à palpiter pour l'histoire. L'affaire Josey Aimes souffre d'un rythme lent qui s'attarde trop sur la vie quotidienne des mineurs bien plus que sur l'affaire elle-même. D'ailleurs le titre de la version originale est North Country, ce qui veut tout dire. La partie au tribunal a d'ailleurs été vite expédiée, insérée çà et là dans le film, mais souffrant de situations au final assez banales. On en ressort avec un film plutôt plat, sans grande vigueur, malgré les performances d'acteurs de chacun, Charlize Theron en tête suivie par des mineurs à la tête de l'emploi. Et ce ne sont pas les envies d'en rajouter dans le pathos qui arrangent les choses.

Rien de vraiment génial et rien de vraiment horrible non plus. L'affaire Josey Aimes remplit son contrat en montrant l'histoire singulière d'une femme qui a osé se battre contre tous mais qui n'apporte pas grand-chose de plus. Tout semble prévisible et ce n'est pas le manque de rythme qui nous a empêché de prédire ce qui allait se passer.

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1 commentaires

  • iscarioth

    20/03/2006 à 18h58

    Répondre

    Je trouve que le film se démarque des autres films du genre "seul contre tous par le judiciaire" comme l'explique weird, et se hisse à un niveau bien supérieur qu'un Erin Brokovich beaucoup trop lisse et en dehors de la violence du quotidien. Ce film, plus qu'une affaire judiciaire (ils auraient mieux fait de conserver le titre de la VO), c'est surtout deux choses :
    - la dureté de la vie quotidienne chez les ouvriers, les conditions de travail éprouvantes
    - la domination de la femme par l'homme

    Comme toutes les histoires traitant de manière réaliste des multiples outrages subies par certaines femmes, il met la pression sur le spectateur, l'inconforte en lui montrant des situations cruelles et violentes que des femmes ont réellement vécue et continuent pour certaines aujourd'hui de vivre.

    On regrettera juste, il est vrai, quelques tics hollywoodiens : le happy end aussi huilé et mièvre qu'inutile et la surenchère de pathos dans le dénouement.

    Un film à ranger aux cotés de Magdalen Sister, sur le même thème des femmes dominées au 20ème siècle.

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