3.5/10

Ace Ventura en Afrique

On oublie Mélissa et le soleil de Miami, et on part en Afrique ! Le changement de contexte sert souvent à produire des suites sans aucun intérêt, Ace Ventura en Afrique n'échappe pas à la règle.

Fort de sa nouvelle cote de popularité obtenue à la sueur de son visage élastique grâce à The Mask et Ace Ventura, Jim Carrey s'en va se vautrer dans un mal persistant qui a fait les beaux jours des bacs à DVD de nanars : la suite à fric. Le concept : produire en hâte une séquelle sur un scénario un peu dépaysant (par rapport au premier) en conservant le personnage principal et en l'exploitant au maximum. Et Carrey, qui semblait déjà être à 100% de sa « performance » dans Ace Ventura, vient nous prouver qu'il ne tolère aucune limite.

Après une mission périlleuse de sauvetage animalier raté, Ace Ventura s'est retiré dans un temple bouddhiste. Jusqu'au jour où Fulton Greenwall vient le tirer de sa retraite pour une mission importante en Afrique : si Chikaka, la chauve-souris blanche sacrée du coin, n'est pas retrouvée rapidement, deux tribus locales vont prendre les armes pour dérouiller l'autre. Une mission de routine pour Ace Ventura, à ceci près qu'il déteste les chauve-souris...


On commence sous des auspices somme toute agréables, avec une parodie de la scène d'introduction de Cliffhanger à la sauce Ace Ventura. A partir de ce point d'entrée, le film va basculer dans le potache le plus total, où Jim Carrey nous fait revoir le sens profond de l'expression « en faire des caisses », tout à fait inapte à rester ne serait-ce que deux petites secondes sans faire sa grimace. Fatiguant, surtout lorsque l'on s'enchaîne les deux épisodes dans un intervalle de temps réduit. Dans le premier opus, en cherchant bien, il semblait y avoir un intérêt caché, à savoir résoudre une enquête et présenter un détective hors normes ; dans le second, la plupart des clowneries du personnage brassent du vide, ne servent qu'à occuper l'espace et allonger la durée de la bobine. « Ace rencontre des gens et leur met la misère », voici ce que pourrait être le synopsis officieux du film : le côté un peu impertinent et bon enfant que l'on avait pu constater précédemment se perd dans une niaiserie incalculable où le personnage semble n'apprécier personne. Lorsqu'il officiait à Miami, il était sujet aux quolibets, à l'incompréhension publique, au rejet, et il se défendait avec son humour gras et une certaine ardeur verbale - on avait même parfois l'impression qu'il s'agissait d'une sorte de rôle ; en Afrique, il n'est plus en état de légitime défense, et la plupart de ses plaisanteries semblent alors douteuses. En d'autres termes, on se gonfle vite des aventures d'Ace sur le continent africain, même si quelques éléments pourront filer une légère banane (j'aime toujours autant sa façon de garer les voitures). Mais l'intrigue, insipide et sans véritable enjeu, n'aide guère à accrocher. Au pire pouvons-nous retenir la musique du titre du film, bizarrement accrochant avec ses quelques accents tribaux, et les quelques bonnes idées de Oedekerk qui n'est pas mauvais réalisateur, au fond.

Jim Carrey a beau se débattre, à aucun moment il ne parvient à masquer le manque d'intérêt flagrant de cette séquelle, un peu trop reposée sur les épaules du personnage. Et malheureusement, ce personnage en vient vite à gonfler, même pour ceux qui avaient su apprécier les gesticulations du premier épisode. Rien de bien nouveau au pays des suites.

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3 commentaires

  • KaSuGayZ

    16/08/2006 à 15h35

    Répondre

    Moi aussi je veux communiquer avec mes fesses !

  • Anonyme

    22/01/2009 à 17h42

    Répondre

    jveu bien reprendre la relève yeahh

  • Lestat

    15/07/2010 à 15h47

    Répondre

    - Je cherche un homme, un américain...

    - nul homme ici n'a d'étiquettes.

    - il se penche en avant et parle avec ses fesses

    - ah, lui...

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