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abominable vérité (L')

Gerard Butler a beau faire son macho de service, L'Abominable Vérité se révèle vite être une comédie romantique des plus convenues. Pas abominable, mais pas loin.

Gerard Butler est décidément de tous les combats : Aventure pour enfants (L‘Ile de Nim), comédie dramatique (PS I Love You), action futuriste (Ultimate Game), péplum (300, évidemment), polar déjanté (Rock'n Rolla), et maintenant le voici dans une comédie romantique. Quelle est donc cette « abominable vérité » qui donne son titre au film ? Hé bien, une émission un peu trash révélant les fondements élémentaires des relations hommes / femmes, mais c'est surtout la preuve que Hollywood n'arrive pas à innover dans le registre de la comédie romantique.

Gerard en a une belle paire.
Gerard en a une belle paire.
Je ne saurais trop vous conseiller de sauter ce paragraphe si vous pensez que la love story made in Hollywood peut encore apporter quelques surprises (sautez-le, MAINTENANT !). Car même ici, ils ont beau être aux antipodes l'un de l'autre, l'une psychorigide et romantique au possible, l'autre macho et pro-sexuel au possible, ils vont évidemment se retrouver dans les bras l'un de l'autre malgré leurs différences. C'est limite inconcevable, et l'on est tenté de se dire que, pour une fois, les choses pourront être toutes autres, mais non. Comme si achever une comédie romantique sans rapprocher les deux têtes d'affiche était une hérésie capable de jeter le réalisateur sur un bûcher. Il y a pourtant du bon dans cette abominable vérité, comme la prestation de Gerard Butler, absolument parfait dans cet accoutrement de mufle sans état d'âme. Son rôle nous fait un peu penser au Hitch de Will Smith par moments, ce qui est loin d'être une insulte (mais n'est pas forcément un gros compliment non plus, Hitch étant une comédie romantique finalement basique et souffrant donc de la même maladie que L'Abominable Vérité). Katherine Heigl tire également son épingle du jeu, parvient à rendre presque palpable cette rigidité émotionnelle à grand renfort d'énormités (la liste de sujets de conversations, pour ne citer qu'elles). Les deux caractères bien trempés se retrouvent vite happés par la spirale de la love story, et évolue tous les deux vers des stéréotypes, multipliant les décolletés plongeants et les regards introspectifs. La perte de poids des personnages principaux nous invite à nous intéresser aux personnages secondaires, malheureusement pratiquement inexistants. Leur inconsistance ne nous permet même pas de rappeler à notre bon souvenir leur prénom une fois la séance terminée, c'est pour dire.

Un peu plus relevé qu'à l'habitude, le minuscule côté politiquement incorrect du film s'efface vite devant le schéma de la comédie romantique classique à l'hollywoodienne. A voir pour la prestation de Gerard Butler, assez sympathique en macho à la langue bien pendue.

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