5/10

Ça se soigne ?

Un film sans grande ambition qui permet de survoler le problème de la dépression en compagnie d'un Thierry Lhermitte assez peu concerné.

Thierry Lhermitte, il faut bien le dire, possède de solides compétences dans le domaine de la culture du navet. On l'a vu s'illustrer depuis vingt ans dans un nombre incalculable de productions inqualifiables allant de Mauvais esprit à Incontrôlable en passant par Le prince du Pacifique, sans pourtant entamer le capital sympathie qui le suit depuis les années Bronzés (sympathie que certains de ses camarades ont perdu au fil du temps). Si Guillaume Nicloux lui a donné sa chance de prouver ses capacités à ne pas faire le pitre dans sa trilogie policière (Une affaire privée, Cette femme-là, La clef), Lhermitte persiste à accepter d'apparaître dans toutes les comédies qu'on lui propose, quels que soient le rôle, la qualité et le sujet du film... Sans être le plus honteux morceau de sa filmographie, Ça se soigne ? ne mérite pas un large détour.

Le célèbre chef d'orchestre Tom Bledish (Lhermitte) sombre brutalement dans la dépression. Dépassés par la gravité de son cas, ses collègues, ses amis, et sa femme (Julie Ferrier) parviendront-ils à le sauver, ou se contenteront-ils de l'abandonner ? Il faut dire que la dépression le rend particulièrement pénible, tour à tour agressif, geignard, injurieux, suicidaire, hyperactif... Et les différentes médications qu'on lui prescrit ne font qu'amplifier la valse de ces états successifs.

Laurent Chouchan, qui réalise ici son deuxième film, est connu pour ses collaborations avec Etienne Chatiliez, notamment sur le scénario de Tanguy. On retrouve le même principe : un postulat facilement compréhensible et connu J'aime faire des boulettes. Dans mes choix de films aussi.
J'aime faire des boulettes.
Dans mes choix de films aussi.
directement ou indirectement de la plupart des gens (le trentenaire squattant l'appartement parental, la dépression), et une déclinaison de gags enfilés sur le sujet avec plus ou moins de bonheur et d'inventivité. Dans le cas présent malheureusement, le cœur n'y est pas. Les séquences s'enchaînent avec trop peu d'enthousiasme et de cohérences, donnant souvent l'impression que des scènes ont disparu au montage, usant d'ellipses aux moments qu'on espérait voir développés. Thierry Lhermitte change d'aspect au gré des médications, mais on peine à voir une réelle progression dans l'intrigue, qui se contente de faire reculer les personnages de deux pas après les avoir fait avancer d'autant. Quant à la question des racines de la dépression, elle n'est tout simplement jamais abordée.

Ponctué de morceaux manifestement extraits d'une compilation « Le meilleur de la musique classique à moins de 6.99€ », le film s'oblige du même coup aux pires clichés dans leur utilisation, le sommet étant atteint avec Ainsi parlait Zarathoustra, désormais trop associé à 2001 l'odyssée de l'espace pour être utilisé sérieusement dans un autre contexte.

La drôlerie des situations connaît des hauts et des bas, sans grande progression là non plus. On admettra que les scènes les plus drôles résident dans la deuxième partie du film, quand la dépression de Tom est devenue réellement intolérable pour son entourage, mais aucune trouvaille vraiment tordante ne vient troubler l'eau d'un métrage qui ressemble finalement plus à un téléfilm inoffensif qu'à une véritable œuvre destinée au grand écran. Les nostalgiques du Splendid (en reste-t-il après la volée de bois vert décochée aux Bronzés 3 ?) se réjouiront du petit rôle de Gérard Jugnot. Les autres passeront leur chemin, en attendant que Thierry Lhermitte fasse preuve d'un peu plus d'exigence dans le choix de ses scénarios. En attendant, on le retrouve la semaine prochaine dans Notre univers impitoyable aux côtés de Alice Taglioni et Jocelyn Quivrin. Faut-il y croire ?..

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