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36 quai des Orfèvres

La confrontation est rude entre Léo Vrinks (Daniel Auteuil) et Denis Klein (Gérard Depardieu). L'un est chef de la BRI, l'autre est celui de la BRB. Tous deux enquêtent sur la même affaire, celle de braqueurs de transport de fonds particulièrement violents et efficaces. Alors que le directeur de la PJ change de fonction, la bagarre fait rage entre les deux hommes pour obtenir la place convoitée. Le duel Auteuil/Depardieu peut commencer.

36 quai des orfèvres est un retour en force du polar : très noir, viscéral et basé sur l'affrontement de ces deux flics au caractère complexe. On a là un film singulier comparé aux sorties actuelles puisqu'il ne mise sur aucun artifice pour plaire contrairement à beaucoup d'autres. Et si ce polar semble si réel, c'est avant tout grâce à la réalisation d'Olivier Marchal. Cet ancien flic, déjà auteur de Gangsters, passe cette fois au stade supérieur et démontre toutes ses qualités de metteur en scène. L'ambiance est sombre à souhait, limite glauque, en particulier grâce à la musique sur laquelle un énorme travail a été effectué. Les dialogues font vrai et sont parfois assez crus, à l'instar de quelques scènes violentes. Le cadrage, particulièrement resserré et permettant de voir toutes les imperfections de l'épiderme, rajoute à la tension du film et du jeu des acteurs, tous très bons.

Mais tous les critères ne réussite ne sont pas remplis. L'histoire, bien ancrée dans la réalité et basée sur un fait réel, n'est pas toujours convaincante. Le problème ne vient pas du fait que ce soit une fiction (c'est même un avantage), mais d'un manque de fond et d'explication. Les liens de l'affaire ne sont pas forcément clairs et il manque une relation de fond, un passé, entre les deux flics. De plus, le rythme particulièrement lent empêche le film de toujours accrocher. Bien que cela soit clairement un parti pris de réalisation, il en ressort qu'il aurait fortement gagné avec plus de tonicité.

36 quai des orfèvres s'adresse clairement aux amateurs de polar. Avec son rythme lent, ses plans très serrés et l'opposition de deux têtes d'affiche, il plaira aux fans du genre. Les autres auront un peu plus de mal à y trouver leur compte. En tout cas, voilà un film français assez atypique et intelligent pour le signaler.

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1 commentaires

  • t-mouss

    03/10/2005 à 12h13

    Répondre

    une merveille de film policier comme tjrs avec olivier marchal, deja auteur du très bon "gangster" et de la série "police district"...

    pour en revenir au "36 quai des orfèvres" je pense que dans l'ensemble c'est un film assez lent (cf critique) mais que les quelques scènes d'actions qui rythment le film sont prodigieuses... (l'arrestation ratée est tout simplement époustouflante )

    le seul regret est qu'à mon avis l'objectif est trop souvent fixé sur les flics (normal remarquez c'est le style de marchal qui peint tjrs un portrait au vitriol de la police) et pas assez sur les braqueurs. On reste un peu sur sa faim car les acteurs choisis, bien que peu présents, semblent bien charismatiques et on aimerait en savoir un peu plus sur leur histoire...

    enfin bref à qd un "olivier marchal production" coté braqueurs ?

    en attend mesrine avec cassel

    t-mouss

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