3 bons films qui ont l'air nuls

Pas toujours facile de choisir un film. On a souvent tendance à aller vers la facilité pour découvrir la dernière œuvre de notre réalisateur fétiche ou l'adaptation de notre livre préféré. Pour compenser, voici quelques films qui ne donnent pas très envie à première vue mais qui valent le détour.

J'ai un peu honte de l'avouer, mais depuis quelques temps j'ai vraiment laissé le cinéma français de côté. Il faut dire que le cinéma américain nous abreuve à la fois en Blockbusters avec des suites innombrables (Marvel and co), en films d'horreur de qualité (Paranormal Activity, Insidious), et même en grandes oeuvres parfois un peu plus exigeantes (Sicario, Maps to the Stars). Il y en a pour tous les goûts et on ne ressent pas le besoin d'aller voir plus loin.

Mais comme il ne faut pas toujours rester sur ses acquis (et qu'on m'avait filé quelques films), je suis allé voir ce qui s'était fait ces dernières années en cinéma français. Et à ma grande surprise, ce n'était pas si mal que ça.

Le drame sexuel

On va commencer avec ce qui se rapproche le plus d'un film américain, le récit pré-apocalyptique à la française Les derniers jours du monde.  Réalisé en 2009 par les frères Larrieu, ça ressemble exactement à ce dont on pourrait s'attendre si un réal français se trouvait à la tête d'un film de Roland Emmerich. Pas de villes qui explosent, de tsunami déchaîné ou d'invasion de zombies, mais simplement un homme, Robinson, incarné par Mathieu Amalric, qui profite du chaos pour enfin vivre.


In a world... Where every possible crap actually happen....

 

Et baiser. Oui, niveau cliché du français obsédé par les zigounettes ça se pose là. Robinson se tape sa femme, sa maîtresse, une amie de son père, quasiment un pote (qui d'ailleurs venait de se taper sa propre fille), le tout au milieu d'un état d'urgence complètement destructuré et d'une sorte de poison qui se répand partout.

Malgré un début un peu hésitant, cette représentation du chaos finit juste par être glaçante et très maîtrisée. Quand on voit une vague gigantesque recouvrir New-York finalement c'est n'est pas si impressionnant. Par contre, les rues de Biarritz pleines de militaires armés, les tanks sur la place du Capitole de Toulouse et les cadavres aux tables d'un restaurant du Lot, là ça fait peur. En redonnant au drame son échelle humaine, les réalisateurs nous mettent vraiment dans la peau de ces gens qui vivent la fin du monde.

Je ne connaissais pas les Larrieu, et je les voyais comme des intellos nombrilistes et inintéressants (des français quoi), et j'avais vraiment tort.

Le film de gauche

Indépendamment des opinions, les films purement politiques avec un message simpliste, ça a tendance à me gonfler. Des histoires manichéennes avec des enjeux hyper simplifiés pour que le public se dise en sortant "être méchant c'est pas gentil."

C'est ce à quoi je m'attendais en lançant Les invités de mon père. Un ancien soixante-huitard pro-avortement dans les années 70 héberge une famille d'immigrés malgré les réticences de son fils, riche avocat d'affaires. C'est réalisé par Anne le Ny en 2010, on y trouve en vrac Michel Aumont, Fabrice Lucchini et Karin Viard, bref toute la clique des acteurs français vus et revus. Je m'attendais aux difficultés au début, puis à l'acceptation de l'autre gnagnagni gnagnagna. Bref, un film français engagé.


Oh, ça alors, des parisiens aisés qui boivent du vin, je n'avais jamais vu ça avant !.

 

Mais Les invités de mon père est bien plus subtil que ça. Les personnages ont tous des défauts, le père généreux cache la vérité à ses enfants et se mue en obsédé sexuel, la femme immigrée semble égoïste mais on a du mal à lui en vouloir dans sa situation. L'avocat n'est pas si réac qu'il n'en a l'air etc…

Au final, le dénouement n'est pas du tout ce que l'on attendait et on est surpris par les nuances apportées dans le scénario. Et contrairement à beaucoup de films du genre, on ressort sans savoir vraiment qui avait raison dans ce film. Ou même si quelqu'un avait raison.

La comédie rurale

Petite info biographique. J'ai grandi et vécu à la campagne et j'aime ça. J'ai adoré vivre en ville pour les études mais je me sens mieux quand j'ai un peu de verdure autour de moi. C'est pourquoi je ne supporte pas les films parisiens qui ne montrent que des bouseux incultes dès qu'ils dépassent le périph. D'ailleurs j'ai vu Une grande année de Ridley Scott et j'en pleure encore. Ce type de film cache son mépris pour la campagne et dépeignant des gens simples au grand coeur qui apprennent souvent le "vrai sens de la vie" au héros. Un scoop : à la campagne on a Internet, des concerts, et on ne panique pas à la vue d'un smartphone. Bref, je pourrais en parler des heures mais ça me gonfle.

Alors, voir un film intitulé Les petits ruisseaux avec Daniel Prévost en vieux qui perd son meilleur pote de pêche. J'avoue que j'étais moyennement tenté.


Je n'ai besoin de personne....

 

C'est un film de Pascal Rabaté adapté en 2010 de sa propre Bande Dessinée. Et quelle claque ! Non seulement la vie de ce petit village est dépeinte avec poésie, humour et surtout respect. Mais en plus, la réalisation est bluffante. Je n'ai pas lu la BD d'origine mais le soin avec lequel sont filmés les plans rappelle du Wes Anderson. La composition des plans, les mouvements  de caméras tout en douceur et les couleurs vives apportent un cachet incroyable.

Daniel Prévost alias Emile, se promène autour d'Angers dans sa Mini Comtesse et trouve une nouvelle raison de vivre auprès d'une bande de hippies et au fil de rencontres innattendues. L'intrigue de départ semble cousue de fil blanc mais le film s'amuse à brouiller nos repères.




C'est d'ailleurs un point commun à ces trois films : nous embrouiller. Quand on va voir un film, on passe une sorte de contrat tacite avec le réalisateur : je veux un film d'action qui bouge, je veux rire, je veux pleurer. Là, le film ne nous donne pas ce qu'on attendait de lui, il nous donne quelque chose qu'on ne savait même pas qu'on voulait. Et quand Marvel pond chaque année le même scénario en changeant vaguement les personnages, ça fait du bien d'être surpris devant un film.

A propos de l'auteur

Je regarde plein de films et sur mon temps libre je suis journaliste. J'ai eu peur devant Paranormal Activity et je me suis endormi devant Interstellar. Mes goûts n'engagent que moi.

1 commentaires

  • nazonfly

    25/08/2016 à 10h55

    Répondre

    Ben oui le cinéma français n'est pas si pourri...

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