5.5/10

16 Blocs

L'Arme Fatale rencontre John McClane. En d'autres termes, Richard Donner, réalisateur spécialisé dans le film d'action, s'acoquine avec Bruce Willis, sauveur du monde sur le déclin, pour un film d'action pratiquement en temps réel et peut-être doté d'un scénario. Je dis peut-être, car comme chacun sait, une petite idée (« ils ont 16 blocs à parcourir ») n'est souvent qu'un petit tremplin pour un enchevêtrement de situations déjà vues et revues.

Sur le point de rentrer chez lui, l'inspecteur Jack Mosley, vieux flic un tantinet dépressif et alcoolique, se voit confier la dernière mission de sa journée : escorter Eddie, témoin à charge dans une affaire mineure, jusqu'au palais de justice. 16 blocs à parcourir, en moins de deux heures. Une situation apparemment sans embrouille, et pourtant Jack ne sait pas que cette journée sera la plus horrible de sa vie...

Aux premiers abords, Bruce peut sembler renouer avec le rôle stéréotypé qui a fait de lui ce qu'il est : un flic, perdu le cas échéant. Et en vérité... Et bien c'est un peu le cas, à ceci près que le personnage en question boitille d'une jambe et affiche constamment un faciès de « déterré récemment ». Bref, on lui refile à longueur de journées les affaires et les tâches pourrables du district, jusqu'au jour où le lieutenant local le charge d'escorter au tribunal un témoin qui a des choses à dire. Juste une petite histoire de flics ripoux, mais de quoi gâter le quotidien déjà pas très rose du vieux flicard. Le concept des 16 Blocs n'est au final qu'une petite anecdote illustrant un scénario pas franchement original et même bourré de récurrences, et beaucoup auront deviné la fin avant même d'en être à la moitié. Pas très inspiré, Richard Donner joue la moyenne en effectuant le minimum syndical, sans prendre de risques. Il est tellement peu inspiré qu'il se permet d'utiliser des effets de style plusieurs fois (on croit que le méchant tire, puis l'on s'aperçoit que c'est en fait le gentil qui a tiré), pour essayer de relever une tension dramatique qui ne décolle qu'à de très rares moments. Il faut dire que le débit de Mos Def, séquestré dans le stéréotype éternel du « black de service », enlève un peu de saveur à la sauce. Reste Bruce Willis, égal à lui-même, très à l'aise dans un registre qu'il connaît par coeur.

Un film d'action conventionnel, assez rythmé pour ne pas voir le temps passer, et finalement bien trop convenu pour laisser un souvenir impérissable. Dommage que le réalisateur n'ai pas compté sur un effet temps réel à la Phone Game, et que le scénario réponde trop aux codes hollywoodiens pour être crédible.

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